Marchand de nostalgie
Quelques instants à peine après être sorti de scène, Michaël Rancourt est tout sourire. « Je suis très content », confie-t-il. « C’était une belle gang. Le monde avait l’air d’avoir du plaisir et j’en ai eu moi aussi! ».
Bien que l’artiste, fort occupé avec son spectacle, n’a toujours pas eu l’occasion de découvrir les charmes de la région, il compte bien en profiter au cours des prochaines semaines entre deux prestations dans l’intimité du Fourquet Fourchette. « Je me sens comme dans mon salon! », blague-t-il en faisant référence aux dimensions de la salle de spectacle intimiste qui surplombe le restaurant. « Ces salles-là donnent droit à ça : des artistes qui se sentent près des gens, tout comme le public, plus que dans une salle de 1000 personnes où on doit presque regarder le spectacle avec de longues vues pour distinguer les mimiques! »
Des Platters au public
Dans le cadre de son spectacle La voix des autres , Rancourt s’amuse ferme en enchaînant les chansons qui ont marqué sa jeunesse. « Les Platters, les Beatles, c’est des chansons qui m’habitent depuis mon enfance. », explique-til. « D’un certain point de vue, je me fais plaisir en interprétant ses chansons, mais, du même coup, ça plait aussi au public! » À en juger la réaction des personnes présentes, qui ont autant vibrer lorsque Rancourt a imité Phil Collins que lorsqu’il a repris Une chance qu’on s’a de Ferland, la nostalgie qui se dégage de La voix des autres rejoint bel et bien le public ainsi que Marie-Josée Grenier, directrice, ventes et restauration du Fourquet Fourchette depuis cinq années, qui innove cette année en présentant un spectacle d’humour estival plutôt qu’une pièce de théâtre comme l’établissement avait l’habitude de faire par le passé.
« Comme je le mentionne en spectacle, les souvenirs nous permettent d’oublier le passé, de nous perdre un peu et, ça, tout le monde aime ça! », lance Rancourt, philosophe. « Prenez les albums Seventies de Sylvain Cossette, les revues musicales à la Elvis Story. On a tous un fond nostalgique… et je m’inclus là-dedans! C’est ce que je voulais partager avec les gens dans ce spectacle-là. »
Comme si ce n’était pas assez, l’imitateur et chanteur profite aussi de La voix des autres pour nourrir sa passion pour le septième art. Du cinéma en chansons. « J’suis un tripeux de cinéma! », s’exclame Rancourt à la mention de ses reprises de chansons popularisées au cinéma. « Ça va du film de science-fiction à l’horreur aux « films de filles » avec ma blonde pis aux « films de gars » avec mes chums! » Ces goûts éclatés s’entendent d’ailleurs dans La voix des autres alors que l’imitateur et chanteur reprend autant des pièces de Mon fantôme d’amour (le classique mettant en vedette Patrick Swayze et Demi Moore) que le thème du western spaghetti culte Il était une fois dans l’Ouest.
« C’est une chanson qui m’est spéciale », glisse-t-il. « C’est non seulement la chanson qui m’a fait connaître, mais elle remue toujours quelque chose en moi, car elle me rappelle ma jeunesse, lorsque les « westerns spaghettis » était très populaires. Musicalement, c’est une pièce très inspirante. Quand je l’entends sur une chaîne de radio, je prends une pause pour l’apprécier aussitôt que j’entends ses premières notes! « Bougez pas! Ne dites rien! Faut que j’écoute ça! »
Mieux encore, la composition d’Ennio Morricone atteint aussi le public de Rancourt en plein coeur. « Lors d’un spectacle à Saint-Hyacinthe, un gars de 6’6’’ et de plus de 300 livres est venu me voir pour le dire qu’à chaque fois qu’il m’entend faire cette chanson, les larmes lui montent aux yeux! », confie Rancourt, les yeux brillants. « Elle lui rappelle son père décédé depuis des années et avec qui il écoutait ce film lorsqu’il était petit. J’sais pas pourquoi, mais cette chanson touche beaucoup de gens et pour toutes sortes de raison! », conclut-il avant d’aller saluer les derniers spectateurs demeurant dans la salle pour le rencontrer.
La voix des autres de Michaël Rancourt est présenté en formule spectacle et souper-spectacle tous les jeudis et vendredis du 7 juillet au 2 septembre au Fourquet Fourchette de Chambly (1887, avenue Bourgogne). Information : 450 447-6370
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