Photoshop, créateur de complexes
Imaginez : tôt le matin, vous vous réveillez pour entamer votre routine habituelle. Encore endormie et courbaturée d’une nuit d’insomnie, vous vous dirigez tranquillement vers la salle de bain pour vous rendre présentable. D’abord les cheveux, toujours aussi indomptables et nettement pas aussi doux que l’avait pourtant conseillé l’étiquette de votre shampoing, puis au tour du maquillage.
Même après trois couches de fond de teint, l’application de votre nouveau mascara «volumisant» et un peu de votre « blush », vous ne ressemblez toujours pas à une mannequin de Cover Girl. Soupirant de découragement et maudissant la terre entière, vous repartez vers votre chambre pour dénicher le morceau parfait à mettre pour la journée. Désormais en sous-vêtement, vous remarquez une fois de plus que vos hanches sont trop hautes, vos seins trop petits, vos cuisses trop grosses.
Vous décidez d’enfiler un chandail vaporeux et un peu trop lousse pour camoufler vos imperfections. Vous vous persuadez qu’un régime serait de mise de même qu’un abonnement au gym le plus proche.
Prenant votre sac à dos à toute vitesse, vos clés et votre boîte à lunch, vous amorcez une nouvelle journée de plus dans cette vie imparfaite qui ne ressemble en rien à l’idéale que vous aviez imaginée depuis toujours.
Reconnaissez-vous ces comportements ?
Ressemblez-vous à cela ?
Trop souvent nous nous sommes comparés aux modèles des publicités. Trop souvent nous avons désiré être comme elles : une peau lisse, un teint uniforme, des cheveux doux, des traits égaux, un corps de rêve, bref, tout pour plaire…
Actuellement, la beauté est un critère d’une importance primordiale. Les jeunes tous autant que les vieux ressentent cette pression de la part de la société et des médias de correspondent aux critères de beauté que l’on présente dans les publicités.
L’ennui, c’est que la majorité des individus ne réalisent pas à quel point cette « image » est faussée. Avec l’invention de Photoshop et autre logiciel de retouche, il est possible de faire des miracles et de transformer la plus ordinaire des femmes en la plus exquise des déesses.
Dans les magazines comme dans les publicités, les photos sont automatiquement retouchées, que ce soit pour l’éclairage, les contrastes ou encore pour enlever toutes imperfections. Désormais, il n’y a plus de limites. À force de voir des modèles de femmes parfaites auxquelles ont tentent de se raccrocher, ont fini par devenir folle ! Alors, viennent ensuite la chirurgie plastique, l’anorexie et toutes autres solutions d’alternatives qui pourraient « résoudre » nos complexes. Mais est-ce vraiment la solution ? Sûrement pas.
Les gens tentent de changer leur image corporelle parce qu’elle ne les satisfait pas et particulièrement parce qu’ils ont déjà vu mieux. Mais pourquoi toujours se comparer ? Pourquoi cultiver cet esprit constant de compétition ? Je n’en vois pas les avantages.
Je dois vous avouer que je suis régulièrement en analyse des imperfections de ma petite personne. Il faut absolument s’accepter comme nous sommes et surtout, SURTOUT, changer pour soi et non pour les autres.
Évidemment, ce « phénomène » que j’appelle couramment tendance d’anorexie mentale touche non seulement les ados, mais énormément les adultes.
Bien des femmes (particulièrement plus que les hommes) refusent de vieillir. Les cheveux gris ? Non merci. Quelques rides ? Bas les pattes ! La peau flasque ? Les vergetures ? La cellulite ? ALLEZ-VOUS-EN !
Pourtant, il est tout à fait normal de vieillir. C’est une des lois fondamentales de la vie. Vivre, c’est aussi vieillir. Alors, pourquoi avoir peur ?
J’espère que notre génération sera fière d’être ce qu’elle est, et ce, sans avoir recours à quelques supercheries pour retrouver sa jeunesse. J’espère de tout coeur que MA génération réalisera à quel point la beauté est en nous, peu importe notre âge, notre ethnie ou notre poids.
Notre vision de la beauté DOIT CHANGER.
Stop les complexes. Point
Élisabeth Forest, 5e secondaire
École secondaire Mgr-Euclide-Théberge
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