Élections fédérales 2025
Culture, paradis fiscaux et justice au menu du 13e jour de la campagne fédérale

Par La Presse Canadienne
La campagne électorale fédérale a pris un nouveau souffle vendredi, à la suite du premier grand rendez-vous télévisé où les chefs des principaux partis ont fait face à un barrage de questions de la part de trois journalistes de Radio-Canada.
Le dossier de la guerre commerciale avec les États-Unis a été quelque peu mis de côté par la plupart des chefs au 13e jour de la campagne fédérale, les annonces du jour ayant porté sur des thèmes diversifiés: culture, paradis fiscaux et justice, entre autres.
Seul le chef du Bloc québécois est demeuré sur l'enjeu du commerce extérieur et des négociations à venir avec l'administration de Donald Trump. Yves-François Blanchet a pris un engagement pour que le Québec et les Communes puissent se prononcer sur les textes préliminaires des accords commerciaux du Canada avant leur signature.
Le bloquiste entend déposer un projet de loi pour que le Parlement puisse voter sur les projets d'accord avant qu'ils soient entérinés par le gouvernement.
M. Blanchet, qui était à Châteauguay, en Montérégie, a déploré le processus actuel de ratification. Selon lui, il place la Chambre «devant le fait accompli qui peut ne pas servir les intérêts du Québec», une fois que le gouvernement a négocié le texte avec son partenaire.
Le Bloc craint que des enjeux essentiels pour le Québec tels que la gestion de l'offre, la langue et la culture soient bradés par le fédéral pour en arriver à un accord avec les Américains.
Renforcer Radio-Canada/CBC
Après avoir revêtu ses habits de premier ministre pour riposter aux droits de douane de Washington, Mark Carney a remis son chapeau de chef libéral. De passage à Montréal, il a pris un engagement en faveur de Radio-Canada/CBC.
Si sa formation politique reprend le pouvoir, il s'engage à verser un financement initial de 150 millions $ au diffuseur public, pour assurer la promotion de notre culture et la diffusion d'une information de qualité, en plus de renforcer l'information locale dans toutes les régions du pays.
Le Parti libéral du Canada indique qu'après ce montant initial, un plan stratégique sera élaboré pour déterminer un financement à plus long terme. M. Carney a évoqué prévoir d'autres initiatives pour soutenir la culture, sans toutefois en dévoiler les détails pour le moment.
Toujours dans la métropole québécoise, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a annoncé son intention de s’attaquer aux paradis fiscaux, notamment en mettant fin aux accords avec des «paradis fiscaux bien connus», comme les Bermudes.
Il a décrié que de grandes entreprises puissent changer d'adresse et s'enregistrer «dans un autre pays pour éviter de payer des taxes».
M. Singh en a aussi profité pour lancer une flèche à M. Carney, qu'il accuse d'avoir aidé Brookfield Asset Management à éviter de payer de 5,3 milliards $ en impôts de 2021 à 2024.
Il rejette du revers de la main l’argument de M. Carney, qui a expliqué que l’enregistrement du conglomérat aux Bermudes avait permis aux actionnaires canadiens, comme les grands fonds de pension, d’obtenir un meilleur rendement, qui serait par la suite imposé au Canada. Le chef libéral estime que les épargnants canadiens en sont sortis gagnants.
Par ailleurs, M. Singh a réitéré vouloir augmenter les dépenses militaires à 2 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui n'a pas toujours été sa position dans le passé.
Créer un nouveau délit
Un peu plus à l'est de Montréal, le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Pierre Poilievre, était à Trois-Rivières où il a présenté un engagement concernant la violence domestique.
Il souhaite créer un nouveau délit «d'agression d'un partenaire intime», qui comprendrait des peines plus sévères pour les contrevenants. La proposition conservatrice est assortie de conditions plus strictes pour les individus accusés de violence conjugale, dont la surveillance par bracelet GPS à la cheville.
Le PCC veut aussi mettre fin à la pratique de déclasser le meurtre d'un partenaire intime en homicide involontaire, dans les cas où le suspect plaiderait qu'il s'agit d'un «crime passionnel». Pour le chef conservateur, il faudra maintenir les accusations de meurtre au premier degré dans les cas de féminicide.
Il a également de nouveau dénoncé ce qu'il appelle les «peines Netflix», en référence aux peines purgées à domicile. M. Poilievre a promis qu'un gouvernement conservateur «va veiller à ce que le système judiciaire mette les criminels en prison» et emprisonne «plus longtemps les agresseurs violents et les éloigner de leurs victimes».
— Avec des informations de Patrice Bergeron, Helen Moka, Stéphane Rolland et Pierre Saint-Arnaud
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne
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