« Debout » pour le transport collectif
Les candidates et candidats de Québec solidaire sur la Rive-Sud proposent à leurs concitoyens un programme à la fois concret et ambitieux pour mettre le transport collectif au premier plan de l’action régionale. La prise de position qui suit est appuyée par Johane Beaupré (La Pinière), Manon Blanchard (Taillon), David Fortin-Côté (Montarville), Carl Lévesque (Marie-Victorin), Johan Perron (La Prairie), Anne Poussard (Chambly), Sébastien Robert (Vachon) et Michèle St- Denis (Laporte).
Le transport collectif est un droit humain fondamental. Il est inadmissible que certains de nos compatriotes soient privés de mobilité à cause de la pauvreté des réseaux de transport ou de la faiblesse de leurs revenus. QS vise la gratuité dans un horizon de dix ans.
Le transport collectif est une solution intelligente et verte. Il permet de déplacer un individu au coût de 0,16 $ du kilomètre, comparativement à 0,47 $ du kilomètre pour l’automobile, incluant les coûts variables et fixes (Chambre de Commerce Montréal Métropolitain 2010). La construction de nouvelles autoroutes ne résout rien. Pour chaque augmentation de 10 % de la capacité routière, il y a de 4,7 % à 12,2 % plus de congestion routièresur une période variant entre 10 et 15 ans (Équiterre et Vivre en Ville, 2009).
QS mettra fin au sous-financement chronique des investissements dans le transport collectif. QS est d’accord avec le diagnostic général des maires de l’Agglomération de Longueuil qui réclament des investissements massifs immédiats dans le transport en commun et déplorent le sous-financement du secteur par le ministère des Transports du Québec : « Le MTQ continue de privilégier très largement le financement des infrastructures routières, à hauteur de 80 % de son budget annuel, contre seulement 20 % pour le transport collectif .»
(mémoire de l’Agglomération de Longueuil à la Communauté métropolitaine de Montréal, 8 mai 2012). Il nous faut rompre avec la mentalité du tout pour l’asphalte et l’automobile qui ne conduit qu’à un étalement urbain de plus en plus éloigné des lieux de travail, à des travaux routiers sans fin et à des embouteillages de plus en plus longs et fréquents. Dans son cadre financier pour l’année 2012-2013, QS a prévu 5 milliards $ pour les investissements dans le transport collectif, plus 420 millions $ au chapitre des frais d’exploitation. Le coeur de ces investissements sera l’électrification progressive du transport des passagers par bus et par rail.
Ce plan, qui est rendu possible grâce aux surplus de production prévus par Hydro-Québec pour les dix prochaines années, générera 100 000 nouveaux emplois dans l’ensemble du Québec. Pour le RTL (Réseau de transport de Longueuil), cela signifie la création de nouvelles lignes et une amélioration du service sur les lignes existantes.
À l’heure actuelle, la faible densité du réseau et l’absence de commerces de proximité favorisent l’utilisation excessive de l’automobile dans certaines zones de la Rive-Sud comme Boucherville, Saint Bruno ou Brossard. La politique de transport de QS permettra de remettre ces quartiers à l’échelle humaine. Les investissements préconisés créeront également les indispensables liaisons entre villes de la Rive-Sud afin de ne plus obliger, comme aujourd’hui, les usagers de Boucherville à passer par le terminal de Longueuil pour se rendre à Saint-Bruno.
QS n’ira pas chercher les fonds nécessaires au transport collectif dans la poche des automobilistes: nous sommes contre la hausse des taxes régionales sur l’essence et contre l’instauration de péages au pont Champlain ou sur les autoroutes.
Le Plan Vert de QS affirme clairement qu’il n’est pas question de sévir contre les utilisateurs de l’automobile. L’argent nécessaire se trouve ailleurs, notamment dans les surplus d’électricité d’Hydro-Québec, dans les redevances minières, dans une nouvelle taxe sur l’utilisation de l’eau par les industries et dans une plus grande imposition des grandes sociétés et des particuliers à très haut revenu.
QS renforcera le transport collectif entre Montréal et la Rive-Sud. Le cauchemar quotidien de la traversée des ponts et du tunnel doit cesser.
a) L’électrification des trains de banlieue : elle permettra d’augmenter la rapidité et la fréquence des trains dans toutes les localités entre la région de Saint-Hilaire et Montréal.
b) QS soutient la demande des maires de l’Agglomération de Longueuil d’implantation d’un mode guidé à grande capacité (rail) dans l'axe du nouveau pont Champlain.
Depuis plus de 30 ans, le public doit vivre avec une voie réservée aux bus, à contre sens de la circulation, qui est aménagée soir et matin de façon temporaire ; cette comédie doit cesser.
c) QS favorisera la prolongation de la ligne jaune du métro par un train de surface. La solution d’un métro souterrain nous semble très coûteuse, mais QS reste ouvert au débat sur ce sujet avec les élus régionaux. De toutes façons, il faut désengorger d’urgence le terminus de la station Longueuil et nous partageons à ce sujet le diagnostic de l’Agglomération de Longueuil : « La circulation automobile, déjà très dense dans le secteur en raison des accès au pont Jacques-Cartier, s’est accentuée à la suite de l’important développement immobilier qu’a connu la Place Charles-Le Moyne.
Cette situation a pour effet de rendre les accès au terminus Longueuil plus difficiles pour les autobus, notamment durant les périodes de pointe, causant d’importants retards. Il en résulte une dégradation de la qualité des services offerts, et ce, malgré la présence de mesures préférentielles aménagées autour du terminus. Les autobus d’Orléans Express assurant des liaisons intervilles peinent aussi parfois à rentrer à bon port dans leurterminus situé dans la gare de l’AMT.» (mémoire du 8 mai 2012 à la CMM)
Dans sa réforme de la vie démocratique, QS propose une décentralisation des pouvoirs et des ressources de l’État vers les instances municipales ou régionales de façon à optimiser la participation citoyenne et la qualité des services assumés par chaque instance.
Tous les membres de ces instances y compris les préfets de MRC seront élus au suffrage universel. La Montérégie étant une région trop vaste, il sera alors possible d’envisager une nouvelle région administrative sur la Rive-Sud. Contrairement au régime chaotique actuel hérité des fusions péquistes et défusions libérales, le gouvernement québécois devra assumer ses responsabilités pour assurer la cohérence du développement du transport collectif dans la région montréalaise tout en garantissant une participation citoyenne dans les solutions concrètes.
QS a pour objectif la gratuité du transport collectif d’ici 10 ans. En attendant, il y aura cependant des mesures urgentes à prendre en matière de arification.
Les candidats de QS sur la Rive-Sud ont identifié trois exemples de problèmes à régler rapidement :
a) La tarification doit être équitable et intégrée dans tout le réseau métropolitain.
À l’heure actuelle, un abonnement mensuel bus-métro coûte 117 $ aux usagers de la Rive-Sud, contre 75 $ pour les habitants des banlieues situées sur l’Ile de Montréal. On paie davantage pour aller des stations Longueuil à Berri que pour se rendre de Rivière-des-Prairies à Sainte-Anne-de-Bellevue.
b) Les passagers des autobus qui paient comptant doivent avoir le droit à une correspondance.
Il est inacceptable que le système actuel prive de tickets de correspondance les usagers qui ne sont pas détenteurs d’une carte OPUS ou Solo, une disposition qui pénalise particulièrement les personnes à faible revenu.
c) QS veillera au respect des droits des personnes à mobilité réduite. Il est inacceptable que le RTL ne possède aucun autobus régulier permettant l’accès en fauteuil roulant sauf, à titre expérimental, sur la ligne 74 (métro Longueuil-quartier Bellerive dans le Vieux-Longueuil). Le RTL ne doit plus acheter un seul véhicule sans rampe d’accès pour les personnes handicapées.
QS préconise une implication des organisations communautaires auprès du RTL pour résoudre ce genre de problème.
(Source : Québec Solidaire)
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