Pour un an
L'entente de l'équipe volante est prolongée pour aider les régions en détresse

Par La Presse Canadienne
Une entente a été conclue pour prolonger pendant un an le déploiement de l'équipe volante formée de personnel de la santé qui se déplace dans les régions confrontées à un manque de main-d'œuvre.
Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a lancé le projet d'équipe volante le printemps dernier en réponse à des bris de services qui menaçaient de survenir et de mettre en danger la santé de la population des régions en difficulté.
M. Dubé espérait alors recruter 500 employés; à ce jour, ils sont 196, dont 54 % travaillent dans la région de la Côté-Nord. Les autres sont déployés en Abitibi-Témiscamingue, en Outaouais, et tout récemment Chaudière-Appalaches s'est ajouté au lot des régions aux prises avec une importante pénurie de personnel.
L'équipe volante est notamment constituée d'infirmières et de préposés aux bénéficiaires. L'entente, qui sera en vigueur jusqu'au 30 mars 2026, concerne la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), la Fédération des professionnels (FP-CSN) et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ).
Cette initiative est une alternative à la dépendance aux agences privées de personnel, dont veut se départir graduellement M. Dubé. «L'équipe volante est le ''plaster'' sur la jambe de bois», illustre Réjean Leclerc, président de la FSSS-CSN.
Selon lui, il faut éviter de se retrouver «dans la même situation où cela a coûté beaucoup d'argent en termes de milliards aux contribuables et aujourd'hui le secteur public vit les contrecoups de l'usage d'agences de main-d'œuvre indépendante privée». L'équipe volante est donc une solution à court terme, mais «la solution ultime», dit-il, est de s'assurer de la rétention du personnel dans la région.
Protéger le personnel qui habite déjà dans la région
M. Leclerc craint que l'équipe volante remplace des postes qui ont été abolis dans le cadre des coupes imposées par Santé Québec pour atteindre l'équilibre budgétaire.
Pour expliquer sa pensée, le président de la FSSS-CSN décrit un scénario qu'il appréhende. «Après avoir aboli un poste, au lieu de l'ouvrir de façon permanente, on rendrait disponible seulement quelques heures de temps en temps que l'équipe volante viendrait couvrir. Ça aussi c'est une perte de services et de soins dans la région parce qu'on viendrait précariser les heures de soin et de services, parce qu'ils vont ouvrir seulement quelques heures qui vont être couvertes par l'équipe volante, puis après deux, trois semaines, un mois, l'équipe volante quitte», détaille M. Leclerc.
Des ajustements ont été apportés dans l'entente prolongée pour améliorer l'accès au temps supplémentaire et mieux encadrer le remboursement des indemnités de déplacement. Les parties impliquées ont tenu à trouver un équilibre pour ne pas désavantager les employés qui résident dans les régions qui bénéficient de l'équipe volante.
«Il ne faut pas non plus que la personne sur l'équipe volante vienne faire ombrage aux personnes qui sont dans la région, puis qui ont un modus operandi depuis plusieurs années, a mentionné M. Leclerc. On le voit d'un bon œil, c'est une bonne nouvelle de poursuivre ça, puis c'est une bonne nouvelle qu'on poursuive les discussions pour régler les problèmes, pour stabiliser cette équipe pour qu'il n'y ait plus d'agences privées qui viennent remplacer l'équipe volante publique.»
Les trois organisations syndicales poursuivront les discussions avec la partie patronale au cours des prochains mois dans le but d'aboutir à une entente définitive sur le fonctionnement et les conditions de travail des employés de l'équipe volante. L'entente concernant l'équipe volante devrait être inscrite dans les prochaines conventions collectives.
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Katrine Desautels, La Presse Canadienne
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