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Coincé (e) entre l’arbre et l’écorce

Cette expression, nous l’entendons souvent. Mais quand c’est un enfant qui est pris entre ses deux parents séparés, qui reçoit des messages méprisants ou négatifs d’un parent envers l’autre, cela peut causer des torts plus importants que l’on pense. Une mère souhaitait partager avec nous sa situation.

Bonjour,

Nous sommes une famille recomposée depuis bientôt 4 ans. Mon conjoint a deux enfants de 5 et 7 ans qui habitent avec leur mère. Nous avons été témoins plusieurs fois que la mère dit des choses au plus vieux: « Ton papa est méchant avec moi » ou bien, «Depuis qu’il est avec sa nouvelle blonde, il ne vous aime plus, ne s’occupe plus de vous, vous perdez votre place» ou encore « La blonde de ton père dit des conneries », « Ton père aime mieux la fille de sa blonde que vous », etc. La liste est longue et très désolante. Nous essayons d'expliquer à l'enfant qu’on l’aime et qu’il est le bienvenu chez nous mais on ne le voit qu’une fin de semaine sur deux alors ce n’est pas évident, il revient au bout de deux semaines avec les idées que sa mère lui inculque... Avec elle, le dialogue est impossible, elle est sur la défensive, rien à faire avec ça. Si c’est possible pour vous de me donner des pistes à suivre, cela nous aiderait beaucoup.

Johanne, Richelieu

Les impacts sur l’enfant qui subit la colère d’un parent contre l’autre parent sont nombreux. Il peut ressentir de la culpabilité, de la colère et ce, pouvant aller jusqu’à de la haine envers le parent qui blâme l’autre et également envers celui qui est blâmé. L’enfant vit de la confusion, se retrouve à devoir faire un choix impossible (choisir un de ses parents), se sent triste et révolté tout à la fois.

À long terme, ce même enfant peut devenir dépressif. Il peut également avoir des difficultés à l’école. C’est aussi un enfant qui peut devenir de plus en plus agressif, voire hostile. Si on continue toujours vers l’ascension du malaise, on pense au suicide, aux troubles psychologiques, à la consommation de drogue et d’alcool et, bien sûr, à la base de tout cela, une faible estime de soi.

Le portrait est plutôt noir, vous ne trouvez pas ? C’est pourtant la réalité de plusieurs enfants et il ne faut pas minimiser les impacts de ce qu’on appelle aussi l’aliénation parentale dans les pires cas. Il y a des enfants qui ont carrément choisi de ne plus voir un de leurs parents suite à toutes ces chicanes et dénigrements. Je me souviens d’une cliente adulte qui me disait avoir encore sur le coeur ce qu’elle avait subit comme enfant face à ses parents qui, chacun de leur côté, dégradait l’autre parent. Elle s’était sentie si petite et si peu importante pour ces mêmes parents.

Quand on est dans l’entourage d’un enfant qui se retrouve dans une telle situation, je crois qu’il est important d’asseoir les personnes concernées ensemble et de chercher des solutions face au malaise qui retombe sur l’enfant. Un des parents peut refuser de faire partie de la recherche de solutions. Dans ce cas, il est important pour le parent qui est victime de la colère de l’autre de clarifier avec son enfant ce qu’il comprend de la situation. Il peut parler des émotions vécues par chacun des parents et de la difficulté pour un, entre autres, de régler les choses en laissant l’enfant hors des conflits.

Évidemment, il y a des parents qui décident de demander une révision du partage de la garde et d’autres qui, épuisés, brisés, coupent les liens avec un enfant car la relation est devenue trop souffrante. Il est évident que le parent qui parle contre l’autre à son enfant ne fait de bien à personne et il perdra un jour ou l’autre le respect de son enfant dans le processus.

Comme adulte, nous avons la responsabilité de vivre nos dilemmes autrement qu’en se servant de nos enfants  comme exutoire ou en essayant de les prendre à partie. En conclusion, rappelez-vous que l’enfant ne doit pas payer pour la séparation des parents et qu’il a le droit d’aimer et de vivre une relation avec chacun d’eux.

À titre de références:

Guide Info-Parents II, dans la collection Parents de l’hôpital Sainte-Justine où vous retrouverez de nombreux titres de livres.

Du côté des enfants, volumes 1, 2 et 3, de Danielle Laporte et Germain Duclos, où l’on retrouve des thèmes variés dont celui qui nous concerne.

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