La rentrée scolaire et le stress
C'est déjà le temps de la rentrée scolaire! Une fois la maternelle passée, l'enfant qui commence sa première année du primaire aura des défis d'apprentissage à relever en plus de ses transformations personnelles et du développement de ses habiletés sociales (se faire des amis, gérer les conflits, etc.). Et ce que tout parent souhaite aujourd'hui, c'est que son enfant développe une motivation face aux études et qu'il la conserve.
Voici quelques facteurs de stress qu'on remarque chez les jeunes enfants du primaire quand le retour des classes devient imminent : LA PEUR DE L'INCONNU; surtout en 1re année, les enfants ne savent pas trop à quoi s'attendre, ils commencent une nouvelle étape de leur vie. Même en 2e année, où ils savent à quoi ressemble une journée à l'école, il reste que plusieurs aspects sur lesquels ils n'ont pas le contrôle sont inconnus. Quel professeur auront-ils? L'aimeront-ils? Reverront-ils les mêmes amis?
LES EXIGENCES PARENTALES; les parents veulent que leurs enfants réussissent à l'école pour bien des raisons personnelles et sociales. Malheureusement, beaucoup de parents prennent tellement à cœur la réussite scolaire de leur enfant qu'ils deviennent très exigeants. Plus l'enfant aura des pressions, plus il vivra de stress. Ce qui risque de nuire, c'est que l'enfant ne développera pas son autonomie face à ses études, mais il répondra aux besoins de ses parents à travers son cheminement scolaire.
LES DIFFICULTÉS D'APPRENTISSAGE SCOLAIRE; les enfants qui vivent des "échecs scolaires" vivent un bon niveau de stress, sans oublier les réactions des parents et professeurs qui peuvent ajouter un poids sur les épaules du jeune. Ceux-ci développent une anxiété et, devant la déception des adultes, peuvent appréhender la simple ouverture d'un cahier ou d'un livre.
LES RELATIONS AVEC LES PAIRS; savoir se faire des amis n'est pas facile pour tous les enfants. De plus, s'ils ont vécu une expérience de rejet ou ne sont pas populaires et se retrouvent plutôt isolés, ils n'ont pas hâte de retourner à l'école. S'ils ont des problèmes avec l'agressivité, ils savent la réputation que les adultes leur font porter. Ils sont donc pris dans un rôle (le mouton noir, le "violent", l'indésirable dans une classe, etc.) qu'on leur a donné et qu'ils vont s'employer à conserver!
D'AUTRES FACTEURS DE STRESS; changer d'école peut créer un stress puisque le jeune devra apprivoiser son nouveau milieu. Les expériences des aînés (fratrie) peuvent devenir sujet d'inquiétude si le jeune ne veut pas répéter les échecs ou encore s'il craint de ne pas être à la hauteur de notes très élevées. Bien sûr, le stress des examens peut jouer sur les nerfs de l'enfant. Saviez-vous qu'il a été observé par les intervenants scolaires et autres que la violence verbale, psychologique et physique exercée sur les enfants par les parents augmentait à la suite des résultats d'examens et remises de bulletins?
Comment aider votre enfant...
Un enfant stressé, c'est un enfant qui n'agit plus tout à fait comme avant. Il peut être plus retiré, renfermé, maussade, triste ou encore plus agressif, impulsif. Il a souvent des symptômes physiques comme les maux de ventre, de tête, des mains moites, des tremblements, des nausées, des pertes d'appétit ou encore l'inverse, difficultés à dormir, cauchemars, agitation motrice pour d'autres, etc. La manière de voir s'il s'agit d'un stress normal ou inhabituel est de remarquer l'intensité et la fréquence des manifestations chez l'enfant. Un stress considéré "normal" suscitera la motivation chez l'enfant. Par contre, un stress malsain et nuisible paralysera l'enfant et lui fera vivre d'importants malaises.
Comment l'aider?
-Il faut être prêt comme parent à réviser nos exigences. Il est important d'avoir des attentes réalistes face à l'enfant, mais il est primordial de ne pas s'acharner sur l'enfant (par exemple : "Si tu étudies comme il faut, tu auras des notes parfaites, rien n'est impossible!").
-L'enfant qui commence la 1re année est naturellement curieux et a hâte de connaître son nouveau milieu. À partir de la 2e année, l'enfant peut vivre un stress qui le coupe de cette joie qui l'habitait jadis. Soyez accueillants! Ne jugez pas ce que l'enfant ressent, ses craintes, etc. Recevez ce qu'il vous dit et un simple reflet pourrait bien lui laisser l'espace pour vivre son émotion et penser à des solutions par la suite (par exemple : "C'est vrai que ça peut être stressant de recommencer l'école!").
-Aidez votre enfant à créer une complicité avec son professeur, si c'est possible, en rencontrant ce dernier.
-Proposer à l'enfant de participer à des activités parascolaires afin de développer son sentiment d'appartenance. Regarder avec lui ses intérêts pour éviter de lui imposer vos choix. Un enfant qui participe à l'élaboration des solutions est un enfant plus engagé, car il se sent compétent et respecté en plus de développer son autonomie.
Les enfants sont très sensibles à ce qu'ils vivent à l'école. Ils ont besoin d'apprendre à se connaître, à se mesurer, tout en réalisant leur unicité, en se forgeant leurs propres idées d'eux-mêmes et du monde qui les entoure. Comme parents, vous êtes des guides et des exemples de première importance. Et si, pour vous, l'école est synonyme de "moment pénible à passer", faites-vous du bien en libérant ce fardeau, car vos enfants ont le goût de vivre des expériences riches et positives!
En guise de référence, vous pouvez consulter les ouvrages de Germain Duclos, psychoéducateur, qui a œuvré dans le milieu scolaire et a écrit des ouvrages sur les éléments qui favorisent une intégration constructive de l'enfant à l'école.
Bonne année scolaire !
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