Cul sec!
Francis Lavoie, du Domaine de Lavoie, dirait même qu'il passe « un super de bel été! » Active depuis 1983, la famille Lavoie s'est tout d'abord consacrée à la culture des pommes avant de tenter sa chance en plantant ses premières vignes. Le site Internet du domaine se targue d'avoir atteint, en 2010, une « une superficie cultivée de 23 hectares, comptant plus de 72 000 ceps composés d'une dizaine de cépages, de 21 hectares de pommes et de 1 hectare de poiriers ». Bref, beaucoup de fruits, pour beaucoup d'opportunités.
« On vit d'agrotourisme et de la vente de nos produits dans les SAQ, les marchés et les hôtels », explique M. Lavoie. « Nous sommes toujours en développement. Nous développons toujours notre expertise. Les vignobles québécois doivent s'imposer, comme les fromagers l'ont fait il y a environ 25 ans », ajoute-t-il tout en indiquant que sur les 200 millions de bouteilles de vin qui se vendent chaque année au Québec, à peine 1 % de celles-ci auraient été produites ici. « L'offre est là! », renchérit-il.
Même son de cloche pour Patrick Fournier du Coteau Rougemont. « L'histoire du vin québécois est relativement jeune », nuance-t-il. « Nous sommes sur la bonne voie! » Bien que les épicuriens de la province préfèrent le rouge, M. Fournier et ses collègues du Coteau Rougemont se consacrent tout de même à la culture du raisin blanc. « On se distinguera en produisant un vin blanc de qualité », tranche-t-il. « Je crois fermement que les prochains crus intéressants du Québec seront blancs. » Le vin québécois, nouvel Eldorado des affaires locales? Pourquoi pas!
Faire route ensemble
Afin d'exploiter ce marché considérable, les vignobles multiplient les associations. Ainsi, après la création de la Route des vins 4 Monts, où on retrouve justement un arrêt au Domaine de Lavoie, Tourisme Montérégie annonçait en juillet la création d'un nouveau parcours du genre : la Route des vins de la Montérégie. « C'est un bon moyen pour créer une certaine synergie », croit M. Fournier. « Non seulement les visiteurs vont s'arrêter chez nous et chez les autres, mais aussi chez des fromagers ou encore des restaurateurs qui ont les mêmes intérêts que nous. On ne se fait pas concurrence dans ce cas-ci, on se complète! », précise-t-il.
Un emplacement de choix
La Montérégie est une terre de choix pour les projets vinicoles, selon les artisans rencontrés. « C'est une des régions les plus chaudes au Québec! », affirme M. Lavoie. « La Montérégie est comparable à Dijon, voire même à la Nouvelle-Zélande en terme de conditions pour nous ». En plus d'offrir un magnifique diaporama, la dénivellation de la Montérégie se prêterait admirablement bien à la viniculture selon M. Fournier. « Les sols aussi sont très intéressants. »
La proximité de Montréal aiderait, elle aussi, le marché. « Nous sommes souvent situés qu'à 30 minutes de Montréal et nous sommes en sens inverse de la congestion routière lors des heures de pointe. Nous sommes donc une destination très prisée pour les touristes privilégiant les courtes excursions », conclut-il.
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