Les enfants et l'argent de poche
Pour les parents d'aujourd'hui, évoluant dans un monde de surconsommation où la réussite sociale est mesurée par les avoirs et où le crédit est roi, apprendre à leur progéniture à développer un rapport assez équilibré avec l'argent est tout un défi! Tôt ou tard, votre enfant voudra recevoir de l'argent, car il a besoin d'apprendre à s'en servir et de goûter au plaisir de pouvoir choisir ce qu'il achète.
Une question de valeurs
Certains parents vont privilégier de donner de l'argent à leurs enfants pour des services rendus. Cependant, il y a un piège et c'est celui de se retrouver obligé de marchander pour chaque petit service demandé. On assiste à ce phénomène de plus en plus et l'enfant est souvent à peine âgé de deux ans quand ses parents découragés lui promettent cadeaux de tous genres pour arriver à le faire collaborer. Effectivement, l'âge de l'affirmation peut s'avérer être une dure épreuve pour le parent qui est pris dans le tourbillon du quotidien. À mon avis, les tâches ménagères telles que faire son lit, passer l'aspirateur, laver la vaisselle, etc. ne doivent pas être marchandées puisqu'elles font partie de l'apprentissage de l'entraide.
Encore là, tout dépend de vos valeurs; allez-vous considérer votre famille comme une petite communauté ou plutôt comme une entreprise? Il y a des parents qui choisissent de payer leurs enfants pour des contrats qu'ils auraient donnés de toute façon à des étrangers. Par exemple, lorsque l'enfant est en âge de déneiger assidûment l'entrée ou de tondre le gazon, les parents peuvent décider d'établir un contrat avec lui, qu'il doit respecter sans passe-droit. Très jeunes, les enfants décodent si les adultes autour d'eux sont à l'aise ou non avec les questions d'argent. Ils savent comment les manipuler pour obtenir plus (que ce soit récompenses, activités, cadeaux, etc.) et cela revient à l'adulte de mettre des limites à l'enfant inexpérimenté.
Argent de poche : à quoi ça sert?
C'est vers l'âge de neuf ans que l'enfant développe la capacité de comprendre la valeur de l'argent. Cependant, si votre enfant, de lui-même, vous réclame une allocation, c'est qu'il est sans doute prêt à faire des apprentissages reliés à la question monétaire. Le montant de l'allocation hebdomadaire peut varier entre 0,50 $ et 2 $ lorsque les enfants sont très jeunes et peut augmenter à 5 $ lorsqu'ils ont près de 10 ans. Peu importe le montant, l'enfant doit avant tout apprendre à faire des choix, donc accepter de renoncer à certaines choses ou de remettre à plus tard certains achats (vivre avec les délais). Il peut également apprendre à économiser pour atteindre un objectif à plus long terme. Ils apprennent également à rendre service ou à participer à la vie de famille sans nécessairement gagner des sous en retour.
Préciser nos attentes
Pour que ça fonctionne bien, les enfants ont besoin de savoir à quoi va servir l'argent qu'on leur donne. Il peut être bon d'établir certaines règles et d'éviter les tensions reliées à cette allocation. Par exemple, il peut être tentant pour un parent de réduire l'allocation de son enfant si celui-ci a eu un comportement répréhensible ou une note inférieure à l'école en raison d'un relâchement afin de le punir. Il faut alors se rappeler le but de l'allocation qui est avant tout d'apprendre à l'enfant à s'initier à la valeur de l'argent et à apprendre comment s'en servir. Les conséquences doivent demeurer en lien avec le comportement inadéquat. Dans l'exemple de la note moins bonne, il s'agira alors de faire étudier l'enfant plus longtemps ou de couper dans les heures de loisir.
Il est primordial de permettre à nos enfants de développer une autonomie face à l'argent en les accompagnant dans leurs premières expériences et en renforçant leurs bons coups. Après tout, nos petits amours se doivent de saisir la réalité; l'argent ne pousse pas dans les arbres, ne tombe pas du ciel et n'est pas sans limites au guichet automatique!
S'adapter aux différents enfants
L'enfant plus impulsif aura tendance à vouloir tout dépenser, à ne pas réfléchir avant de faire des achats, à chercher des façons de déjouer les délais. Il faut donc être disponible pour le supporter tout en ménageant son orgueil et en s'assurant de favoriser une bonne estime de lui. On garde un langage respectueux et on souligne ses efforts. S'il faut mettre un holà et lui faire déposer son avoir à la banque pour quelques semaines, il verra ce que son argent peut lui rapporter avec de la patience. Pour l'enfant plus raisonnable ou réservé, qui ne fait qu'accumuler ses avoirs, il peut être important de lui apprendre à se payer des petits plaisirs tout en gardant des objectifs à plus long terme.
Souvenez-vous que...
-On n'achète pas les enfants!
-On ne reproche pas à de jeunes enfants de vouloir tout ce qu'ils voient au magasin! On leur montre plutôt l'exemple en étant raisonnables et capables de contrôler nos propres impulsions.
-L'argent ne remplace pas la relation parent-enfant! Au contraire, c'est la relation qui permet à l'enfant de développer le sentiment de compétence face à la gestion de l'argent.
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