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Quand la force s'impose

Il est important de ne pas exercer un rapport de force sur nos enfants mais plutôt de développer des moyens de faire qui soient respectueux de l'intégrité physique ainsi que de l'intelligence de chacun. Autrement dit, entre une petite tape sur les doigts pour saisir l'enfant de façon très occasionnelle et la pensée rigide derrière une méthode qui justifie des corrections physiques régulières et humiliantes à des fins éducatives, il y a tout un monde de nuances et beaucoup de sensibilisation à faire.

Quand la force est nécessaire

J'ai le goût d'aborder les situations où une certaine force s'impose et où, comme parent, on doit se donner le droit d'intervenir physiquement auprès de nos enfants. Par exemple, un parent est aux prises avec un enfant qui fait des crises régulièrement. Lors de ces crises, l'enfant se désorganise, se fait mal, peut faire mal à quelqu'un d'autre, hurle à pleins poumons, crache, il peut même aller jusqu'à se faire vomir. Bref, cet enfant signifie à ses parents, par toutes ses attitudes verbales et non verbales, qu'il est en perte de contrôle au niveau de ses émotions et de ses impulsions. Cet enfant à besoin d'être calmé et, dans ce cas-ci, cela peut nécessiter une intervention physique.

Le parent devra immobiliser son enfant en le tenant par les épaules ou en faisant un retrait sur une chaise. Si l'enfant veut se lever, il pourra alors s'asseoir sur lui, face à face, de façon à ne pas lui faire mal mais tout en lui indiquant qu'il doit se calmer. On peut préciser à l'enfant ce qu'on entend par « se calmer »; arrêter de crier, ne plus se débattre, ralentir sa respiration, ne pas donner de coups, etc. Donc, l'enfant aura une idée plus claire de ce que vous attendez de lui avant que vous cessiez de le retenir physiquement. Je connais des parents qui ont essayé ces interventions avec succès. Les crises débordantes de leurs enfants ont diminué et disparu après des interventions continues.

Saviez-vous qu'entre 0 et 6 ans, l'enfant qui se développe ne sait pas comment gérer tout ce qui l'habite intérieurement, soit ses émotions, ses pulsions, ses réactions. Il peut lui-même être dépassé et même avoir peur de ses emportements. Les parents ont vraiment un rôle à jouer pour aider l'enfant à prendre conscience de ce qui se passe en lui et à trouver des moyens pour retrouver son équilibre intérieur. Intervenir physiquement dans ces cas-là devient une nécessité, voire un bienfait pour l'enfant.

Je me souviens d'une intervention que la gardienne de ma fille avait fait auprès d'elle alors qu'elle avait 2 1/2 ans et qu'elle était en pleine crise du « non ». Elle se roulait par terre, criait à tout rompre, tout simplement parce qu'elle ne voulait pas interrompre ses jeux. Sa gardienne a alors posé sa main sur sa poitrine et lui a parlé d'un ton ferme pour que celle-ci la regarde et se calme. Témoin de cette intervention, j'ai vraiment senti à quel point le toucher que la gardienne exerçait sur elle avait rapidement eu un effet calmant et rassurant. L'épisode s'est terminé sur une note très positive. Ma fille était calme et je voyais à quel point sa propre perte de contrôle l'avait perturbée et étonnée. Après tout, elle était et est encore en pleine découverte de son monde intérieur.

Vous pouvez également avoir à intervenir auprès d'enfants qui vont se faire mal entre eux pour les séparer. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il ne faut pas partir avec l'idée qu'on ne touchera jamais plus à nos enfants et ce, en aucune circonstance. On doit être conscient comme parent qu'on va avoir à le faire mais d'une façon équilibrée, respectueuse et qui a pour effet de tracer des limites claires à l'enfant face aux comportements acceptables.

Intervenir adéquatement

Avant d'intervenir, il y a des conditions de base à mettre en place;

-En premier lieu, assurez-vous de ne pas être emporté par des émotions trop fortes (colère, rage, etc.,) au moment d'agir. Évitez le rapport de force !

-Dans un deuxième temps, sentez-vous libéré de toute culpabilité face à l'intervention que vous vous apprête à faire si elle est réfléchie, éducative et non abusive.

-Assurez-vous d'avoir un objectif clair face à ce que vous voulez améliorer dans le comportement de votre enfant (par exemple, diminuer les crises),

-Profitez-en pour nommer à l'enfant ce qui se passe, ce qu'il vit pendant que vous agissez. C'est en mettant des mots sur ce qui se vit à ce moment-là que l'enfant va mieux se comprendre (ex : « Je vois que tu es très en colère mais je vais te demander de te calmer », « Ça doit être très apeurant de sentir tout ce flot d'émotions, c'est pourquoi je vais te maintenir de la sorte jusqu'à ce que je sente ta respiration plus lente », etc.)

-Assurez-vous d'être constant et persévérant. Il faudra sans doute répéter l'action plus d'une fois.

-Par la suite, prenez le temps d'évaluer si vos interventions physiques portent fruit car sinon, il faudra trouver d'autres moyens ou réajuster ces mêmes interventions,

Peut-être, n'aurez-vous jamais besoin de mettre en pratique ce type d'intervention! Qui sait? Toutefois, si vous n'êtes pas à l'aise avec ces interventions, ne le faites pas car si cela débordait en rapport de force, vous pourriez atteindre l'effet contraire, soit une plus grande colère chez l'enfant, une plus grande désorganisation, etc. Votre plus grande force, c'est de vous connaître vous-même, entre autres de savoir où sont vos limites. Cela pourrait être très aidant dans vos relations avec vos enfants.

 

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