L'enfant a aussi des responsabilités !
Mon fils n'avait que trois ans la première fois qu'il a prononcé; « J'ai le droit maman ! ». Je suis restée bouche bée! Pourtant ma fille l'avait dit avant lui, mais je n'en revenais pas! Mon petit revendicateur, mon négociateur né avait déjà compris que les enfants ont des droits !
Les enfants savent à 3 ans qu'ils ont des droits, mais apprennent-ils aussi vite qu'ils ont des «devoirs» ou des responsabilités ? Si on veut qu'un enfant devienne autonome, ne doit-on pas lui faire intégrer le concept des responsabilités rapidement, tout en respectant son développement et ses capacités ?
Devenir responsable : un jour à la fois
Être responsable, c'est accepter de vivre avec les conséquences de ses actes. C'est aussi de remplir ses engagements, de se porter garant de quelque chose... Donc c'est l'inverse du phénomène social actuel ou beaucoup de gens s'empressent de dire « c'est pas moi ! » quand on veut avoir des réponses !
Aurions-nous développé la peur des responsabilités comme si c'était trop lourd et même dangereux ? Comment alors l'inculquer à nos enfants ? Aussitôt, qu'ils vivent une difficulté, vite, le parent s'empresse de le faire à sa place, on n'endure plus qu'un enfant soit triste ou doivent faire des efforts.
Pourtant, quel beau cadeau à lui faire que de lui laisser vivre les conséquences de ses actions. Par exemple, une mère part seule faire l'épicerie car son garçon de 4 ans a fait une crise la dernière fois et n'a pas voulu écouter les consignes. Elle lui avait dit qu'il ne l'accompagnerait pas la prochaine fois. Même s'il pleure et promet qu'il sera sage, elle tient la conséquence et lui dit qu'il aura sa chance lors de la prochaine épicerie.
Il comprend maintenant que ça mère est sérieuse quand elle émet des avertissements et qu'il a avantage à bien se comporter. Dès qu'ils sont petits, soit vers l'âge de deux ans, déjà on peut donner des conséquences réalistes (adaptées et de courte durée) aux enfants pour qu'ils écoutent mieux les consignes. Il n'est pas nécessaire de dramatiser mais de démontrer concrètement au petit qu'il doit respecter des règles de vie.
L'enfant de deux ans et plus est très heureux et fier lorsqu'on lui demande de nous aider à faire quelque chose tout en respectant ses capacités. En soulignant ses efforts et en mettant l'attention sur ce qu'il fait de bien, l'enfant découvre le plaisir de mettre la main à la pâte et ainsi de développer son sentiment d'utilité et de compétence.
Intégration des tâches ménagères
Une fois que l'enfant grandit, évolue et passe ainsi du principe de plaisir ou principe de réalité, de la projection à l'introjection et de la pensée magique à la pensée logique, il peut graduellement participer aux tâches ménagères. Un enfant de un an et demi peut commencer à vous aider à serrer ses jouets à condition que vous lui présentiez la chose comme étant un jeu car, à cet âge, il comprend surtout le concept ludique.
Vers deux ans jusqu'à cinq ans, l'enfant aura besoin que vous soyez stratégique pour l'amener à ranger ses jouets car il va être entre autres dans sa phase d'opposition. L'enfant peut vous demander pourquoi il doit ranger. Outre les raisons évidentes comme celles d'avoir de la place pour bouger dans la maison, protéger les jouets des bris, il y a également tout l'aspect où celui-ci doit se rendre compte que vivre dans une famille implique de respecter des règles pour permettre à tous de se sentir bien.
Par exemple, il est important pour le jeune de connaître les endroits où il peut jouer et ceux qui sont réservés à d'autres activités. L'enfant qui peut jouer dans toutes les pièces de la maison, sans distinction, n'apprend pas à respecter le fait qu'il y ait des pièces communes et des pièces privées.
Dès l'âge de cinq-six ans, l'enfant peut déjà aider à mettre la table et à la desservir. Il peut nourrir les animaux, épousseter, ramasser ses vêtements, arroser les plantes, aider à la préparation des repas, faire son lit, tout en étant conseillé et orienté, bien sûr. Il va sans dire que les encouragements sont de mise et que si l'enfant ne fait pas son lit parfaitement, par exemple, il est inutile de repasser derrière lui.
On le félicite de l'avoir fait et lors d'une autre occasion, on peut lui demander s'il veut apprendre comment enlever les plis dans les draps, par exemple. Effectivement, il faut être stratégique dans le sens où l'enfant à besoin de sentir que l'on reconnaît ses efforts, même si les résultats ne sont pas «parfaits» selon nos critères d'adultes car c'est cela qui le motivera à recommencer. Oubliez les reproches, les insultes, les sarcasmes, le cynisme, les cris, ou autres stratégies inefficaces.
Avec l'enfant de six ans et plus, il peut être très fructifiant de s'asseoir avec lui pour faire une liste des tâches à faire pendant la semaine. Il peut alterner entre une tâche qu'il aime et une qu'il aime moins. Certains parents vont faire une liste de suggestions avec l'enfant et celui-ci peut piger au hasard quelques tâches par semaine.
Dans une prochaine chronique, nous verrons comment développer un système d'entraide avec nos enfants plutôt qu'une négociation où les cadeaux et l'argent deviennent un appât.
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