Que faire pour diminuer la rivalité entre frères et sœurs ?
La semaine dernière, il était question de mieux comprendre la rivalité entre les frères et sœurs. Cette fois, regardons des façons concrètes de gérer la rivalité selon la méthode « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent ».
Le reflet de sentiments ainsi que les encouragements concrets vers des relations autonomes entre les frères et sœurs caractérisent l'approche. Les ateliers « Frères et sœurs, sans jalousie ni rivalité » aident les parents à cibler leurs interventions tout en permettant à leurs enfants de développer un lien unique entre eux.
Quand l'enfant n'est plus seul
L'arrivée d'un nouvel enfant est source de joies pour une famille mais c'est aussi une bonne source de stress pour chaque enfant. Il faut prendre en considération les éléments suivants; l'aîné-e perd sa place et donc il vivra de l'insécurité et différentes émotions (peine, colère, joie,..).
Le nouvel arrivant aura déjà une place à défendre puisqu'il n'aura pas ses parents pour lui seul. Il est important de bien préparer l'aîné-e et ce, le plus tôt possible, d'être ouvert à parler de cet évènement très important et de se mettre à la place de l'enfant. Ce n'est pas une nouvelle poupée qu'il aura! C'est une nouvelle personne qui prendra de la place, qui changera les habitudes mais pas toutes, et il faudra du temps pour que les frères et sœurs s'apprivoisent. S'assurer de prendre du temps avec l'aîné-e après la naissance du bébé (le temps de qualité peut être court mais efficace!) et de respecter sa routine peut le rassurer. Les points de repères sont importants.
Quand la rivalité s'installe...
Voici quelques attitudes et façons de faire susceptibles d'aider les enfants à s'apprécier entre eux;
-Cesser de vouloir « donner de façon égale » aux enfants. Les enfants ont des personnalités différentes, des intérêts variés et des besoins plus spécifiques à eux. Il est plus utile de se concentrer sur les besoins individuels de chacun plutôt que de justifier sans cesse les gestes posés. Enfin, les parents peuvent dire et montrer à leurs enfants comment ils les aiment d'une façon unique pour des raisons différentes. Les enfants ont besoin de sentir que leurs parents ont remarqué leur potentiel, capacité, etc.
- Faire le constat des sentiments négatifs qu'éprouvent les enfants entre eux plutôt que de les nier. Par exemple:« Je vois que tu es en colère contre ton frère. Dis-lui avec des mots, pas avec des coups. » Les enfants ont besoin de sentir que leurs sentiments sont corrects, mais que certains comportements ne sont pas acceptables.
- Normaliser auprès de vos enfants que ce n'est pas toujours facile d'avoir des frères et sœurs. Une fois les sentiments accueillis et normalisés, l'enfant peut passer à une autre étape. Éviter les sermons et la morale autour de la chance « inouïe » qu'ils ont d'être ensemble.
- Arrêter les comportements brutaux en donnant des alternatives. Il ne faut pas s'attendre à ce que les enfants n'expriment aucune agressivité entre eux. En leur permettant, par exemple, par des mots appropriés ou en leur donnant des moyens concrets de se défouler, ils peuvent évacuer des tensions (coussin qu'on peut frapper, papier qu'on peut froisser, etc.).
- Ne pas comparer les enfants entre eux. « Tu ne manges pas tes légumes. Ta sœur, elle, mange toujours ses légumes ! ». Le petit frère risque d'haïr sa sœur ou de lui en vouloir. Peut-être se vengera-t-il quand il le pourra. Éviter également les comparaisons favorables du style : « Tu as tout ramassé tes jouets ! Tu ne laisses pas tout traîner comme ton frère toi au moins ! » L'enfant comparé à la hausse va ressentir un malaise ou au contraire une fausse supériorité. Il faut bien comprendre que c'est la répétition des comparaisons qui crée un fossé entre les enfants.
- Éviter de mettre les enfants dans des rôles : le bon, le méchant, le lent, l'intelligent, le beau, le comique, le paresseux, etc. Pour aider les enfants à être tout ce qu'ils peuvent être, il faut plutôt souligner toutes les fois où ils agissent différemment et les renforcer. Complimenter l'enfant qui fait des efforts alors qu'il a tendance à se décourager d'habitude. Si le parent met l'emphase sur ce qu'il n'aime pas que son enfant fasse, il ne fait que l'ancrer davantage dans ces mêmes comportements.
- Quand les enfants se disputent (verbalement ou avec des gestes), si le parent intervient, il est préférable de décrire ce qu'il voit sans identifier un « agresseur » et une « victime ». Faire un arrêt d'agir, attendre le retour du calme et les stimuler à trouver des solutions peut aider la situation. Une courte résolution de problèmes entre les enfants guidée par le parent, si nécessaire, s'avère être un moyen efficace pour cesser la répétition de certains conflits. Quand un des deux enfants pleure ou a mal, il est celui de qui on s'occupe plutôt que de chicaner l'autre enfant. Ce dernier est perdant puisqu'il n'a plus d'attention.
Les parents se demandent souvent s'ils doivent intervenir à chaque fois que les enfants commencent à se parler un peu plus fort. Il est préférable de les laisser se débrouiller le plus souvent possible. Si la tension monte, il est possible de demander si quelqu'un a besoin d'aide. Si la réponse est positive, le parent y va en essayant de favoriser une recherche de solutions par les jeunes. En décrivant ce qu'il voit de la situation, le parent aide ses enfants à avoir un recul émotif plus grand.
Bien sûr, il faut intervenir s'ils se battent et risquent de se blesser. Les mettre en retrait séparément pour un moment peut les calmer.
La rivalité en perte de vitesse
Chaque fois que c'est possible, il est bon de renforcer les comportements qui sont souhaitables de voir se répéter entre les enfants. Il faut se rappeler qu'ils vont bâtir un lien unique à eux et où le parent n'a pas à être impliqué de façon continue.
En évitant de régler les conflits à leur place, de parler à leur place, de les comparer, de nier ce qu'ils ressentent, de les blâmer, les parents ouvrent la porte à la possibilité qu'une relation plus authentique et donc plus solide se développe entre les enfants. Et ce lien se développera tout au long de leur vie. L'équilibre recherché demande une présence chaleureuse du parent qui guide et stimule les enfants à se percevoir positivement les uns les autres.
Des parents trop absents ou indifférents favorisent l'installation d'une hiérarchie entre les enfants et que certains deviennent les parents des autres. Il est facile d'imaginer les tensions et l'envahissement vécus par les uns ou les autres...
En référence; Jalousies et rivalités entre frères et sœurs, comment venir à bout des conflits entre vos enfants d'Adele Faber et Elaine Mazlish, aux Éditions Stock.
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