Nous joindre
Publicité

Apprivoiser la sexualité

Vous êtes nombreux à m'acheminer des questions concernant la sexualité de vos enfants. J'ai donc décidé de réunir plusieurs questions et d'écrire ce texte pour y répondre le mieux possible.

Encore aujourd'hui, les parents sont souvent embarrassés avec les questions concernant la sexualité de leurs jeunes enfants. Je me suis fait souvent poser des questions du genre: « À quel âge dois-je commencer l'éducation sexuelle de mon enfant ? », « Est-il normal que mon enfant se touche les parties génitales ? », « Si je surprends mon enfant en train de baisser ses culottes devant d'autres enfants, dois-je lui dire que c'est mal ? » ou encore « S'il fallait que mon enfant me surprenne en train de faire l'amour, que devrais-je dire ? Serait-il traumatisé ? »

Eh oui, nous avons évolué à bien des niveaux, les jeunes font l'amour de plus en plus tôt, nous leur parlons de contraception, de protection face à d'éventuels abus mais nous restons figés devant les simples manifestations de sensualité et de sexualité de nos enfants.

Autrement dit, lorsqu'il s'agit d'aborder la sexualité de façon toute naturelle, nous réagissons souvent comme s'il y avait un drame à l'horizon. J'ai parfois l'impression que nous avons développé des façons techniques de parler de sexualité à nos enfants mais nous n'avons pas tout à fait intégré sexualité et affectivité dans notre vie. Je suis tout à fait d'accord avec la sexologue Jocelyne Robert qui prétend qu'il faut avant tout apprendre à nos enfants la beauté de la sexualité et de leur corps avant de leur apprendre à se protéger d'abus possibles.

Et si on commençait par le début ? De 0 à 2 ans, le nouveau-né explore son environnement et donc, il découvre son corps. En  fait, il est en pleine période de sensualité puisqu'il développe tous ses sens et ressent un vif plaisir devant toutes les nouvelles sensations. Il a besoin d'être touché de façon tendre et bienveillante et il aime découvrir ce qui l'entoure en portant, entre autres, beaucoup de choses à sa bouche.

Avec l'initiation à la propreté qui débute habituellement autour de l'âge de 2 ans, l'enfant se déplace de sa bouche à l'anus. En contrôlant les muscles du sphincter, le tout-petit se rend compte qu'il a un certain pouvoir sur son environnement. À cet âge, l'enfant se plaît à identifier les parties de son corps, ses organes génitaux y compris bien sûr. Il est important d'aider les enfants à développer le langage commun utilisé par tous. Il n'est pas plus difficile de dire les vrais mots que d'inventer un paquet de petits mots qui donnent à l'enfant l'impression qu'un malaise plane autour de la sexualité. À cette étape, l'enfant commence à poser des questions sur la provenance des bébés, surtout autour de 3-4 ans. Sa curiosité peut s'exprimer à travers des jeux sexuels, seul ou avec d'autres enfants. Les comportements autoérotiques comme la masturbation sont normaux. L'enfant se compare et identifie ce qui est pareil ou différent de lui. Il consolide son identité sexuelle. Il aura sûrement des tendances exhibitionnistes du genre: se promener nu dans la maison sans trop de pudeur.

Plus tard, vers l'âge de 6 ans, l'enfant commencera à s'identifier à un groupe sexuel bien défini et il ne sera pas question de mélanger les garçons et les filles. C'est la période où un enfant peut se faire ridiculiser parce qu'il admet avoir une attirance envers quelqu'un du sexe opposé. L'enfant développer graduellement une préoccupation pour la croissance affective et sexuelle et est moins axé sur la génitalité.

Aborder la sexualité simplement

Tout au long des étapes de développement de nos enfants, il est important de dédramatiser et de normaliser leur besoin tout à fait légitime de découvrir leur corps et les plaisirs de la sexualité. Il est important d'éviter les notions de MAL, de MÉCHANT, de COCHON, de SALE, de VICIEUX, etc, mais plutôt d'axer nos réactions vers un accueil compréhensif et un recadrage au besoin.

Par exemple, un enfant qui se touche les parties génitales devant d'autres personnes peut être tout simplement recadré de la façon suivante: « Il est correct de vouloir toucher ton corps mais c'est quelque chose que tu peux faire quand tu es seul (ta chambre, la salle de bain, etc). Les gens n'ont pas besoin de voir cela. » En fait, il s'agit d'inculquer la notion d'intimité à l'enfant et d'éviter toute culpabilisation qui pourrait se transformer en honte face à un phénomène qui est tout à fait normal et sain. L'expression de la sexualité dans toutes ses dimensions permet à l'enfant de s'épanouir et de nourrir son estime de soi. Nous regarderons, dans la prochaine chronique, certaines situations qui nous mettent encore parfois mal à l'aise et auxquelles il est possible de faire face de façon constructive.

 

RECOMMANDÉS POUR VOUS

Les bienfaits de l'exercice physique face à un cancer
SociétéPublié le 24 septembre 2026

Les bienfaits de l'exercice physique face à un cancer

La pratique d'une activité physique structurée chez les patients atteints d'un cancer est associée à une amélioration de la survie et à une réduction du risque de récidive, allant donc bien au-delà des soins de soutien et des traitements symptomatiques, rapporte une nouvelle méta-analyse taïwanaise. Ces résultats s'inscrivent dans le ...

LIRE LA SUITE
Publicité
Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025
SociétéPublié le 23 septembre 2026

Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025

Le nombre de naissances d'une année à l'autre a augmenté au Québec en 2025 pour la première fois depuis 2021, mais reste bien en deçà du seuil prépandémique. Statistique Canada a recensé 78 200 naissances en 2025, soit 974 bébés de plus qu'en 2024, où 77 226 nouveaux Québécois avaient vu le jour. Le taux de fécondité a lui aussi ...

LIRE LA SUITE
Publicité
Les escaliers sont bons pour le cœur
SociétéPublié le 23 septembre 2026

Les escaliers sont bons pour le cœur

Les personnes qui montent régulièrement des escaliers pourraient présenter un risque nettement moindre de développer des problèmes cardiovasculaires et d'en mourir, conclut une nouvelle méta-analyse britannique. Les chercheurs ont analysé les données issues de neuf études antérieures portant sur la montée d’escaliers, auxquelles avaient ...

LIRE LA SUITE
Publicité