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Comment aider l'enfant hyperactif à l'école

Jonathan (7 ans) prend du ritalin depuis l'âge de 4 ans. Le diagnostic de TDAH (Trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité) n'était pas officiel mais tous les indices pointaient vers ce syndrome. À 5 ans, son pédiatre lui a donné du Concerta car l'effet longue durée (12 heures) lui était très bénéfique.

Étant donné qu'il commençait la maternelle, il était tout indiqué de lui éviter les hauts et les bas dû à des médicaments de plus courte durée. Jonathan fait partie des 3 à 5 % d'enfants atteints du TDAH. 5 garçons pour 1 fille sont diagnostiqués officiellement avec ce trouble vers l'âge de 7 ans. L'entrée à l'école permet souvent d'identifier les enfants qui ont des symptômes importants; ils attirent rapidement l'attention du professeur !

Ils sont dérangeants, surtout s'ils ne sont pas médicamentés. Il ressort que 30 à 50 % des enfants hyperactifs auront des problèmes à l'école. Alors comment aider Jonathan qui arrive en première année?

Un lien adapté

Pour aider l'enfant atteint d'un T.D.A.H à fonctionner le mieux possible, il faut que la classe soit un lieu assez neutre sans distractions multiples. Sinon Jonathan, par exemple, va avoir la tête qui va se faire aller dans tous les sens. Alors il est bon d'éviter les affiches colorées, de minimiser la décoration sur les murs.

L'enseignant-e aura avantage à utiliser des consignes claires, précises et simples et à faire vivre les conséquences de ses actes à l'enfant. Sinon, il se désorganisera rapidement. Et il testera plus qu'un autre élève. Il faut éviter de se mettre en colère mais plutôt s'enligner rapidement sur des actions concrètes qui permettront de rééquilibrer la situation. Il faut toujours avoir en tête que l'enfant hyperactif ne décide pas de ses comportements, qu'ils sont involontaires. L'enfant se sent lui-même dépassé par ses propres réactions. Le détachement émotif est de mise car sinon l'enseignant-e risque de devenir furieux-se et négatif-ve face à l'enfant.

Risques d'isolement

Parce que le trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité est mal connu, l'enfant qui en est atteint peut vite se sentir incompris. Et cela aura pour effet d'augmenter ses comportements inadéquats. Jonathan a vécu cela en maternelle. Parce qu'il était plus dérangeant, son enseignante a pensé qu'il n'était pas collaborateur, puis elle s'est dit qu'il ne devait pas être bien encadré à la maison.

Sans s'en rendre trop compte, elle a commencé à se sentir irritée presque chaque fois que Jonathan se manifestait d'une quelconque façon. Les parents de Jonathan, ne voulant que leur enfant soit « étiqueté » n'en avait pas parlé à l'enseignante avant le début des classes. Ils voulaient bien faire mais c'était là un risque, car l'enfant hyperactif même sous médication, a des besoins spéciaux et doit être renforcée positivement si on veut qu'il fonctionne bien.

Lorsqu'ils se sont rendu compte que leur fils se sentait triste et seul car les enfants à l'école avaient tendance à ne pas jouer longtemps avec lui étant donné ses réactions souvent imprévisibles, ils ont rencontré l'enseignante et ont ouvert sur les besoins spécifiques de Jonathan. Celle-ci s'est montrée réceptive et a pu ajuster ses interventions et même recadrer les réactions des autres élèves face à Jonathan.

En fait, elle s'est sentie soulagée car elle a nourri un espoir; celui de trouver une façon pour rendre la relation avec Jonathan plus « facile », sous le signe de la collaboration. De plus, elle a échangé avec les parents de Jonathan pour qu'ensemble, ils forment équipe, pour qu'ils aillent dans le même sens auprès de l'enfant. L'enseignante s'est mise à valoriser son élève plus rapidement en ayant des attentes plus réalistes. À chaque fin de journée ou aux 2 jours, elle faisait un court bilan de ses bons coups de la journée.

Cette année, l'enseignant de Jonathan va le voir un peu avant le début de la classe pour planifier sa journée en étapes-clés auxquelles il pourra se référer. Le professeur va le guider pour que l'enfant apprenne à ranger son matériel scolaire pour éviter les oublis et les pertes. Il va devoir lui rappeler des règles simples à suivre de façon régulière, peut-être en faisant des rappels visuels. Il va également s'assurer que Jonathan ne sort pas trop de matériel à la fois quand il doit travailler. L'enfant aux prises avec un TDAH, a de la difficulté à s'organiser, à comprendre qu'il doit exécuter une étape à la fois. L'enseignant va devoir l'aider...puis le parent va prendre la relève après l'école.

Rendre la période de devoirs efficace

Pour les parents, il s'agit d'aider l'enfant à s'organiser pour faire ses devoirs. Selon ses disponibilités, le parent pourra découper les différentes étapes pour alléger et faciliter le rendement de l'enfant. Par exemple; prévoir un temps de détente au retour à la maison, un temps pour prendre une petite collation et se défouler un peu.

Puis, il est bon de planifier par écrit ce qu'il y a à faire en mettant toutes les étapes nécessaires. On prévoit plus d'étapes courtes et donc qui produisent un effet de satisfaction pour l'enfant et son parent. Il faut commencer par ce qui demande le plus d'attention. En restant avec l'enfant, le parent peut l'encourager au fur et à mesure et s'assure qu'il suit la planification décidée ensemble. Le parent annonce ce qui s'en vient chaque fois qu'une étape est complétée.

Tout au long et à la fin de l'exercice, le parent félicite les bons coups de l'enfant car il s'assure alors que celui-ci se découragera beaucoup moins et se sentira plus compétent, meilleur. En fait, le moment des devoirs ne doit pas devenir une corvée emplie de stress et de tensions négatives. Il doit plutôt être abordé comme un défi et un moment privilégié où l'enfant peut vivre des succès et développer une méthode.

Ce n'est pas toujours facile que ce soit pour l'enseignant-e, pour le parent et encore moins pour l'enfant car les contextes de vie, de pratique de l'enseignement et de suivi des enfants ayant un diagnostic de TDAH ne se prêtent pas nécessairement à faciliter les choses. Rappelons-nous que si les choses vont assez bien 75 % du temps, on est sur la bonne voie. Être muni-e d'une belle ouverture d'esprit est un atout important. Je vous rappelle cette référence : « Vivre avec un enfant hyperactif; comprendre la maladie et acquérir les bons réflexes » du Dr Céline Causse aux éditions Alpen.

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