Mieux vivre avec un enfant hyperactif
Pour que la vie soit plus facile avec un enfant hyperactif, il faut adapter nos façons d'intervenir en tant que parents. Sinon, ça ne fonctionne pas avec l'enfant et ça crée de nombreuses tensions familiales. En effet, l'application de techniques d'encadrement peut se trouver complexifiée et inefficace si les parents ne savent pas que leur enfant est hyperactif ou encore s'ils ne veulent pas en tenir compte. L'hyperactivité est souvent très mal comprise et l'enfant qui en souffre d'autant plus. On lui demande de se calmer alors que, tant qu'il n'est pas médicamenté, l'enfant atteint d'un trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) va chercher sa capacité de concentration en faisant mille et un gestes. Alors, ce qui semble tout à fait anormal et inapproprié d'un point de vue de l'adulte est essentiel pour l'hyperactif.
Les attitudes aidantes
Pour tout enfant, un milieu de vie stable, ponctué d'une routine sécurisante, représente une base essentielle à son développement optimum. Il va sans dire que pour l'enfant hyperactif, un milieu instable (consommation d'un parent, changement fréquent de conjoint, déménagements fréquents, violence familiale, etc) ou juste sans routine adaptée, peuvent créer une anxiété et des réactions très disproportionnées qui auront tôt fait de rendre la vie familiale tendue. Cet enfant a une faible capacité de contrôle interne, donc il faudra lui apprendre de façon concrète à prendre un petit temps d'arrêt avant d'agir. À cet effet, les rappels visuels peuvent aider le parent et l'enfant à mettre en application de nouvelles façons de faire. Par exemple, une collègue psychoéducatrice m'a parlé d'un panneau d'arrêt (STOP) reproduit sur un papier construction avec à l'endos un dessin ou une image représentant des yeux et des oreilles qui signifie à l'enfant qu'il doit s'arrêter et entrer en contact visuel avec son parent pour écouter ce qu'il a à dire. De cette façon, le parent évite de répéter sans cesse une consigne à l'enfant qui ne l'écoute pas et de se mettre en colère. De son côté, l'enfant change rapidement d'humeur tout en se calmant. Il va sans dire qu'il faut s'assurer d'avoir un contact visuel avec l'enfant si on veut s'assurer qu'il ait bien compris une consigne quelconque. Il faut éviter de crier d'une pièce à l'autre ou de ne pas prendre le temps de regarder l'enfant car alors, on est assuré de son incapacité à se concentrer suffisamment.
Les règles doivent être simples, réalistes et peu nombreuses pour que l'enfant puisse les intégrer avec succès. L'enfant doit pouvoir visualiser ce qui va arriver. Chaque fois que le parent doit interdire quelque chose à l'enfant, il doit avoir une suggestion de rechange. Cela diminue la frustration chez l'enfant et lui permet de « focusser » rapidement sur autre chose. Comme dans toute famille, il est important que les parents forment une équipe et aient une façon semblable d'encadrer l'enfant. Dans le cas d'un jeune hyperactif, des parents qui ne seraient pas du même avis devant ce dernier, s'assureraient d'une désorganisation assez rapide du milieu familial.
Il est évident, comme avec tout enfant, qu'une approche basée sur le renforcement positif est gagnante avec un hyperactif. Chaque fois que le parent annonce une récompense (sorties, activités, temps de qualité, etc) à l'enfant, il s'assure une meilleure collaboration. Pour le jeune, il est facile d'imaginer ce qui l'attend. Il faut s'assurer de souligner les compétences de l'enfant et de ne pas exiger la perfection dans les accomplissements.
Un enfant hyperactif a besoin de frontières claires et sécurisantes; le parent aura avantage à ne pas déborder dans l'émotivité car cela aura pour effet de créer une agitation chez le petit. Effectivement, rien ne sert de s'épancher ou de questionner inutilement l'enfant sur ses agissements puisqu'il n'en pas le contrôle la plupart du temps. Il vaut mieux se pencher sur les solutions, en prenant le temps de calmer l'enfant. Ce qui est le plus aidant pour le parent c'est de saisir avant tout que son enfant est atteint d'un syndrome, que la médication ne fait qu'apporter la stimulation nécessaire à la concentration sans que l'enfant ait à s'agiter mais qu'il a tout à apprendre quant à l'organisation à tous les niveaux et à la gestion des relations avec les autres.
Le livre du docteur Céline Causse, Vivre avec un enfant hyperactif, paru aux éditions Alpen, en 2006, peut être un excellent guide pour les parents. Également, un petit livre intitulé Pourquoi je ne peux pas être attentif , du docteur David H. Shawn et de Ilana H. Shawn, publié en 2006 par Elke Henneberg, permet de lire une version racontée par un enfant. Pour les gens plus méfiants face à la médication, un ouvrage récent des psychologues Francis Brière et Christian Savard, Les alternatives au ritalin, aux éditions Caractère, permet aux parents de trouver des compléments à la médication et/ou une approche plus naturelle qui peut avoir de bons résultats chez certains enfants. Comme dans toute problématique de santé ou autre, il faut s'attendre à devoir s'adapter à chaque enfant.
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