Mon enfant est-il victime d'abus sexuel ?
Quand un parent se pose cette question-là, il est tendu, inquiet et veut une réponse rassurante. Si la réponse est positive, il veut être sûr de ne pas passer à côté, d’apporter le support nécessaire à son enfant et il veut aussi que les abus cessent s’ils sont encore en train de se dérouler.
Il-elle n'agit plus comme avant
Le parent remarque que son enfant est différent et il s’inquiète ! Il faut être attentif et observer ce qui est différent chez l’enfant. Par exemple, il ou elle devient irritable, change d’humeur souvent et vit du stress qui se répercute sur sa routine habituelle.
L’enfant peut alors se mettre à avoir des cauchemars ou terreurs nocturnes alors qu’il n’avait pas ce genre de problème auparavant. Il peut mouiller son lit, avoir tendance à s’isoler, avoir l’air triste ou frustré de façon importante et continuelle, bref il a changé et les parents sont perplexes. Il développe des problèmes d’ordre physique; maux de ventre, maux de tête, etc.
Bien entendu, tous ces symptômes peuvent apparaître et être causés par d’autres sources de stress. C’est pourquoi tout en étant vigilant, il faut éviter de sauter à des conclusions hâtives car les impacts sont néfastes. Quant aux signes physiques que l’on peut remarquer chez les nourrissons ou les jeunes enfants peuvent être des rougeurs et/ou des marques sur le corps surtout autour ou sur les parties génitales. Le médecin peut aider le parent à observer les signes physiques.
Chez un enfant de plus de deux ans, le parent peut se questionner quand son enfant utilise des gestes, des mots, des attitudes carrément sexualisées qui ne sont pas de son âge. Pour le parent, il devient possible que son enfant ait appris tout cela d’adultes ou d’enfants plus vieux. L’enfant peut se mettre à s’exhiber nu devant les gens, à ne plus respecter les règles face à l’intimité.
Avant de conclure à un abus sexuel, il faut toutefois éliminer la possibilité que l’enfant ait consommé de la pornographie une fois ou plus et que cela l’ait impressionné. Il peut retrouver ce matériel soit par internet, les revues, la télévision, etc. Le jeune enfant est alors projeté dans un monde adulte et bien souvent pervers. Il peut rejouer des scènes qu’il a vues. Il faut découvrir d’où provient le nouveau comportement.
Même si le parent n’en est pas certain rapidement, il constate que son enfant vit quelque chose et qu’il faut s’en occuper. Un enfant de quatre ans qui va à la garderie et par un jour bien ordinaire baisse ses culottes et demande à un autre enfant de le « sucer » tout en utilisant des gestes qui ne peuvent que lui avoir été montrés, a bien besoin de recadrage et de support.
Les adultes autour de lui ont avantage à ne pas le juger tout en s’assurant de sa sécurité et de son bien-être. Il y a des attitudes à favoriser pour que l’enfant s’ouvre à son parent ou à un autre adulte par rapport à ce qu’il vit.
Je suis là pour toi
Accueillir son enfant lorsqu’il vit possiblement ou effectivement un abus sexuel n’est pas de tout repos! Comme parent la partie la plus difficile est de laisser venir les confidences au fur et à mesure que l’enfant se sent prêt à les dire tout en s’assurant qu’il n’y a plus de danger immédiat pour sa sécurité physique et psychologique.
L’arrêt d’agir rapide face à l’agresseur suite aux confidences ou aux indices observés permet à l’enfant de recevoir un message clair; « Tu es cru, tu es en sécurité, tu n’est plus seul ». Si l’enfant a bel et bien subi un abus ou des abus à caractère social, il sera important de lui ouvrir les bras et de lui prêter une oreille attentive sans dramatiser ou vouloir minimiser ce qu’il a vécu.
Autrement dit, l’enfant a besoin de pouvoir exprimer ses peurs ou sentiments à sa façon, sans que sa vie soit toute bouleversée. Il aimera retrouver une routine sécurisante, ce qui va lui procurer un sentiment de normalité à nouveau. Le plus perturbant dans un abus sexuel à part les paroles ou gestes posés bien sûr, c’est la loi du silence, la solitude voire l’isolement, l’impossibilité pour l’enfant de ventiler à sa façon, de se défouler bref c’est l’obligation de rester prisonnier de la honte.
Alors si l’enfant a la possibilité de dire, par des paroles, des dessins, des gestes, des actions, il peut sentir qu’il reprend un certain contrôle sur son intégrité. Les adultes doivent l’aider en favorisant la mise en place de support sécurisant. Les parents peuvent avoir besoin d’aide afin de mieux aider leurs enfants.
Qui peut m'aider ?
Il existe une ressource dans la région qui supporte les parents dont les enfants ont été victimes d’abus et qui les oriente face aux démarches à faire (dévoilement, plainte, poursuite en cour, etc). Le Mouvement de Sensibilisation pour une enfance meilleure (S.E.M.) aide les parents depuis de nombreuses années à faire face à de telles situations.
L’enfant quant à lui, peut profiter de certains services de consultation selon son âge en pédopsychiatrie ou en privé avec un intervenant spécialisé. Il n’est pas toujours recommandé de faire voir l’enfant car ce processus peut davantage le blesser, lui faire sentir que ce qu’il vit est très grave ou qu’il n’est plus comme les autres.
Ce sont souvent les parents qui ont besoin de ventiler leur peine, leur colère, leurs frustrations, leur incompréhension, leur sentiment de trahison, etc. Une fois supportés, ils sont prêts à aider leur enfant.
Un outil concret a été publié par le ministère de la Justice qui peut servir à prévenir les abus sexuels mais aussi à aider les enfants à dévoiler ce qu’ils subissent. Il s’agit de la brochure intitulée « Le secret du petit cheval » et qui amène toute la notion des bons et des mauvais secrets.
C’est en maintenant l’enfant dans le secret avec des menaces que l’agresseur garde le contrôle sur celui-ci. Et faut-il rappeler l’extrême vulnérabilité du jeune enfant, de son état de dépendance envers l’adulte qui peut devenir son agresseur en ayant tissé une relation de confiance.... Car l’agresseur est très souvent connu de l’enfant, fait partie de sa famille. Il aura besoin d’aide pour savoir à qui faire confiance par la suite.
Pour vous aider; Mouvement SEM, à Saint-Jean-sur-Richelieu, au 450 348-0209, le Centre jeunesse de la Montérégie au 359-7525, les services de pédopsychiatrie par l’intermédiaire du de votre CLSC et les ressources en privé ( appelez les corporations de psychologues, travailleurs sociaux, etc. pour avoir les noms des personnes spécialisées). Et il est important de se rappeler la capacité des enfants de « rebondir » sur leurs petits pieds pour aller de l’avant...
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