Le long chemin vers l'adoption
Le cheminement qui amène les parents à décider d’adopter des enfants peut être long et difficile. En effet, certains parents vont essayer pendant de nombreuses années de « tomber enceinte » avant de penser à l'adoption. Il y a le stress et la peine vécus à chaque mois quand la femme réalise qu’elle n’est pas enceinte. Après plusieurs mois, voire années, certains couples vont avoir recours à des traitements en fertilité coûteux et stressants.
De plus, il risque d’y avoir des effets secondaires plus ou moins graves sur le corps de la femme ou de l’homme en plus de faire vivre de bonnes tensions au couple. « Personnes sensibles et émotives, s’abstenir ! » Cette épreuve peut durer plusieurs mois ou années aussi, entraîner des coûts importants sans nécessairement donner les résultats tant attendus; un bébé! C’est fort le désir d’enfant pour plusieurs adultes. Pour certains parents, adopter devient la dernière porte possible pour tenir un enfant dans leur bras.
Le parcours n’est pas le même pour tous, car certains parents ont des projets d’adoption dès le début de leur relation. Ce qui compte pour eux c’est de vivre des relations avec des enfants peu importe qu’ils soient d’eux ou non. Il y a des couples qui décident de ne pas aller en fertilité au départ et qui se tournent rapidement vers l’adoption. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon, l’important est d’être conscient et capable de reconnaître ce que l’on vit.
Les deuils
La personne ou le couple qui décide d’adopter doit être sensible au fait qu’il ou qu’elle aura un deuil à faire de l’enfant biologique. Il y a des « légendes urbaines » qui veulent que chaque femme qui décide d’adopter tombe enceinte par la suite mais cela n’arrive qu’à une petite minorité de couples. Ça peut être tout un choc à surmonter quand les gens ne s’y attendent plus et sont en démarches avancées pour adopter un enfant ici ou à l’étranger.
Avoir des enfants n’est pas comme dans un rêve mais une réalité très concrète qui représente un bon défi pour tous les parents, peu importe la provenance de leurs enfants! Même si le parent est heureux d’adopter un enfant, il est bon qu’il ou elle accueille les émotions plus pénibles qui entourent cette réalité. En effet une personne peut ressentir de l’injustice; « Pourquoi moi, je ne peux pas avoir d’enfant ? Qu’ai-je fait pour vivre cela ? Suis-je puni-e ? » Parce que pour la femme, adopter c’est faire le deuil de la grossesse, du poupon et de l’allaitement (quoique certaines le font même en adoptant !).
Pour l’homme et la femme il faut faire le deuil de la fonction reproductrice, ce pour quoi nous sommes faits après tout ! Les parents peuvent se sentir « anormaux ». Une mère adoptive me disait récemment qu’elle avait trouvé difficile de ne pas être la référence unique dans la vie de son enfant. Effectivement, l’enfant adopté a eu dans les premiers mois après sa naissance, plusieurs figures adultes avant ses parents adoptifs. Et les parents ignorent presque tout de cette partie de la vie de leur enfant.
Aujourd’hui, heureusement, les parents éprouvent de la fierté à adopter plutôt qu’un malaise comme c’était le cas il y 40 ou 50 ans car les gens se sont ouverts à l’adoption. Il est reconnu que la maternité et la paternité ont plus d’un visage. Mais quand les gens décident d’adopter des enfants, ils doivent tout de même être conscients de ce que cela peut leur faire vivre du côté émotif. Par exemple, un couple qui n’a pas résolu certains dilemmes autour de l’aspect biologique voudra que son enfant adoptif lui ressemble à tout prix.
D’autres auront de la difficulté à lui parler de ses origines. Ne pas dire à l’enfant d’où il vient dès le départ revient à lui cacher des facettes de sa vie et cela peut briser la relation lors de la révélation. Se donner le droit d’avoir de la peine ou de la colère face à l’impossibilité pour un couple d’avoir un enfant est très sain et permet d’accepter et de mieux vivre la relation avec l’enfant adoptif.
L’enfant rêvé
Le deuil de « l’enfant rêvé » que tout parent doit faire biologique ou adoptif, fait aussi partie de la réalité de l’adoption. Surtout que l’enfant adopté n’arrive que très rarement dans son milieu les premiers mois de sa vie. Il peut donc accuser des retards et avoir vécu des évènements traumatiques. Il a commencé sa vie en vivant une rupture très importante, celle de la mère biologique qui l’a porté neuf mois en son sein.
Pour ce petit être, rien n’est plus sûr à partir de ce moment-là. L’enfant que l’on adopte est empreint de cette réalité et s’il est adopté plus vieux qu’un an, il peut devenir de plus en plus difficile pour lui de se sécuriser, de faire confiance et de s’attacher à sa nouvelle famille. « L’enfant rêvé », c’est celui avec qui on s’attache tout de suite, sans problèmes et qui répond à nos attentes. Il suivra les visés qu’on avait pour lui. Il ne nous confrontera pas dans nos blessures et vulnérabilités. Vous voyez le portrait ?
Encore là, être conscient et sensible face à eux-mêmes, permet aux futurs parents de se préparer encore mieux et de façon plus réaliste à la venue de l’enfant tant espéré, tant attendu. Les parents adoptifs sont souvent plus âgés quand ils ont leurs enfants car ils ont des années derrière eux de démarches nombreuses et longues, de sentiment d’échec parfois, de frustrations, d’épuisement et de découragements, d’attentes,... mais surtout ils sont fiers d’avoir cru en cette relation parent-enfant qui valait tous ces efforts et qui les nourrit tant.
Mais quels sont les défis de l’adoption nationale ou internationale ? Que doit-on connaître et comprendre avant de partir pour la grande aventure ? Et surtout, comment favoriser une meilleure adaptation pour l’enfant et les parents ?
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