L’autonomie, but ultime de l’éducation
Le but ultime de l’éducation ne devrait-il pas être d’aider l’enfant à devenir un adulte autonome et responsable? En tant que mère et intervenante, cela fait partie de mes convictions profondes. Le défi le plus grand pour un parent est d’amener son enfant, adolescent à avoir de moins en moins besoin de lui.
Les ingrédients essentiels à cette recette sont une bonne estime de soi, un sentiment de compétence, d’appartenance, un amour et une vision de soi réalistes et une possibilité de pouvoir faire des expériences (prendre des risques mesurés) pour l’enfant mais pour le parent aussi ! De nos jours, on remarque des tendances différentes, dont deux qui ne sont pas souhaitables, c’est-à-dire, le laisser-aller («Arrangez-vous seuls les enfants, vous êtes capables ! ») et la surprotection («Je ne voudrais tellement pas qu’il ait à passer par des épreuves douloureuses ! »).
Les premiers pas vers l'autonomie
Rappelez-vous de la publicité télévisée de SSQ vie: « SSQue tu penses partir bientôt ? » Vous pensez que cela n’arrive qu’aux autres ? Saviez-vous que ce jeune adulte à jadis été un petit garçon qui a sans aucun doute été surprotégé. On voit d’ailleurs dans cette publicité que les parents posent cette question avec une certaine gêne et laissent le choix à leur fils, somme toute.
Si ces parents avaient été plutôt du genre « laisser-aller », ils n’auraient sans doute même pas posé la question et se fieraient au destin de leur enfant. Cette publicité représente bien la tendance que certains parents ont à vouloir que leur enfant soit épargné de toute expérience difficile et, par le fait même, le prive de la plus grande école, celle de la vie.
Mais, demander au jeune enfant de s’arranger seul, de décider à trois ans à quelle heure il doit se coucher, s’il doit manger ou non, et s’il doit collaborer quand on lui demande, revient à lui remettre de trop grands défis entre les mains.
La surprotection et le laisser-aller ont comme résultat d’empêcher l’enfant de se bâtir une réelle conscience de sa valeur et de ses capacités. Comment fera-t-il pour affronter la vie et se débrouiller s’il pense qu’il n’est pas capable de rien faire seul ou s’il se lance dans n’importe quoi, de n’importe quelle façon avec, pour résultat, des conséquences fâcheuses ?
Amener l’enfant à développer son autonomie commence dès les premiers moments où il commence à marcher et donc, à s’éloigner de ces adultes de qui sa vie dépendait totalement. Pour l’aider à acquérir la confiance en soi, l’enfant à besoin de voir dans les yeux de l’adulte un encouragement et une joie sincère face à ses débuts dans le monde des découvertes plus vastes.
Si l’adulte est indifférent ou, au contraire, constamment anxieux face aux expériences de l’enfant, celui-ci va être très dérouté et, déjà, sa démarche vers l’autonomie sera entravée.
Donner des choix et respecter ses efforts
Dès l’âge de deux ans, l’enfant peut être encouragé à faire des choix qui peuvent sembler superficiels pour les adultes mais qui demandent à l’enfant de commencer à faire sa démarche vers l’autonomie. Par exemple, il peut choisir le matin entre le pantalon bleu ou le rouge, entre les céréales ou les rôties. Il peut choisir entre deux jouets qu’il désire, et, plus vieux, il peut décider s’il fait ses devoirs avant ou après le souper.
Il faut bien comprendre la différence entre faire ce genre de choix qui ne mettent pas en danger son développement général et des choix qui reviennent aux parents car ils sont déterminants (manger, dormir, se laver, comportements sécuritaires, etc.).
Les parents ont avantage à régler leurs propres dilemmes. Par exemple ceux reliés à l’anxiété qui les amène à craindre le pire pour les enfants et donc, à les empêcher de vivre des expériences et des émotions qui permettent d’apprendre à se connaître et à grandir. D’un autre côté, ceux reliés aux laisser-aller des parents, amènent les enfants à avoir une vision déformée de la réalité où les risques inutiles et les décisions inadéquates font partie du quotidien.
Une autre attitude aidante pour encourager l’autonomie chez l’enfant, est de démontrer un respect pour ses efforts. Par exemple, plutôt que de dire à un enfant: «Laisse-moi faire ! » lorsqu’il a des difficultés à mettre ses souliers seuls ou nouer ses lacets, il vaut mieux l’encourager en lui disant : « C’est parfois difficile de mettre des souliers mais tu vas y arriver. Assis-toi sur ce banc, tu verras, ce sera plus facile. » Lui demander s’il a besoin d’aide lui permettra aussi de décider ce qu’il fera. Lui laisser une certaine liberté va l’aider à développer son jugement et sa capacité d’évaluer des situations.
À l’inverse, ne pas s’en occuper du tout et ne pas s’intéresser à ce qu’il fait lui fera vivre une certaine anxiété.
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