Nous joindre
Publicité

Quand aller à l'école devient un cauchemar

Cette semaine, je devais parler des gestes concrets que l’adolescent peut poser pour être en accord avec les valeurs familiales. Toutefois, suite à des courriels de parents, j'ai décidé de reporter ce sujet d'une semaine pour aborder le sujet de l'intimidation.

Pour plusieurs enfants, le retour à l’école est synonyme d’anxiété, de stress et de craintes. Des parents m’ont écrit pour me raconter l’histoire de leur enfant et même si ces derniers ont vieilli, les impacts d’un tel vécu peuvent encore être très présents.

Les enfants qui se font intimider à l’école adoptent peu à peu des comportements différents de ceux qu’ils ont en temps normal. En y portant attention, les parents, les professeurs, les amis, bref l’entourage de l’enfant peut refléter à ce dernier ce qu’il voit.

Dans la plupart des cas, il y a, entre autres, de l’anxiété, de la nervosité, des problèmes de sommeil, des cauchemars, une tendance à somatiser (maux de ventre, de tête, etc) une perte d’appétit ou une augmentation (compulsion), des peurs qui apparaissent, une tendance à s’isoler, de la tristesse ou une agressivité plus grande dans le comportement, une baisse de rendement du côté académique, en somme, différents symptômes qui font que l’enfant devient de plus en plus dysfonctionnel à l’école comme à la maison. Il perd tout intérêt pour des activités qu’il appréciait particulièrement avant de vivre de l’intimidation.

À moyen et long terme, l’entourage peut remarquer une baisse graduelle de son estime de lui. Il peut se sentir de moins en moins capable de relever des défis. Ce qu’il dit de lui-même est négatif. Comment peut-on aider les enfants qui vivent ce genre de violence psychologique et/ou physique ?

Intervenir rapidement

L’adulte qui note un ou plusieurs changements de comportement chez un enfant qu’il côtoie régulièrement (tels qu’énumérés plus haut), a le devoir ou la responsabilité de tendre une perche à l’enfant. Il peut lui refléter les attitudes qu’il observe chez celui-ci et lui dire que cela le questionne, le touche, le préoccupe.

Démontrer son intérêt à l’enfant, l’aider à nommer des émotions ou sentiments, est une étape primordiale pour amorcer un échange réel. L’enfant doit pouvoir se sentir en confiance donc il est préférable d’oublier les questions en rafale, la pression pour tout savoir, la minimisation ou la dramatisation.

Quand un enfant ou adolescent s’ouvre à un adulte en qui il a confiance sur le fait qu’il se fait « achaler » à l’école ou que des enfants rient de lui ou le brusquent, l’insultent, lui font des coups du genre lui piquer des affaires ou les endommager; il est important de croire l’enfant et de l’accueillir.

Le plus dur pour certains parents est de ne pas se laisser emporter par leur colère à eux contre le ou les jeunes qui s’en prennent à leur enfant. Il est préférable de parler de soi; « Quand j’entends ce que tu me racontes, je me sens en colère, je suis triste, émue, révolté, bouleversé... »

On peut se soulager de notre trop plein émotif et par la suite, aller voir ce que l’enfant ressent. Il se peut qu’il se sente « niaiseux » et l’accueillir là où il est rendu représente un défi. Les confidences peuvent arriver par bribes, c’est pourquoi votre attitude peut faire toute la différence. 

Il est souhaitable de récolter les faits, vérifier les contextes et replacer les évènement dans le temps. De cette façon, vous pouvez vérifier l’intensité et la gravité des gestes posés. Par exemple, si l’enfant vous parle de coups reçus, de menaces d’atteinte à sa personne, s’il vous montre des marques, si les insultes portent atteinte à son estime de lui de façon majeure, il faut intervenir rapidement pour que les enfants-agresseurs arrêtent leur intimidation.

On peut aussi expliquer à notre enfant ce qui pousse les autres enfants à le traiter ainsi; ils sont souffrants et vivent des relations blessantes dans leur propre vie. Malheureusement, ils se vengent sur quelqu’un pour se donner l’illusion d’être forts. En réalité, ils nous parlent de leur grande vulnérabilité et de leur détresse. Ils doivent cependant saisir qu‘ils n’ont pas le droit de s’en prendre à autrui.

Aller rencontrer la direction de l’école et les intervenants ainsi que les professeurs pour que les adultes participent à la protection de l’enfant qui subit les traitements abusifs est une façon d’enrayer le problème. Si ce n’est pas assez, la police peut être impliquée au besoin.

En fait, il ne faut surtout pas passer le message à l’enfant qui s’ouvre sur ce qu’il vit que ça va passer si il ne fait pas de vague. C’est faux et ça peut vouloir dire qu’il va souffrir en silence très longtemps avec tout ce que ça implique de conséquences.

Nourrir l'estime de soi en bas âge

Rappelons-nous que la meilleure arme d’un enfant contre l’intimidation, c’est avant tout l’estime qu’il a développée pour lui-même. Les parents jouent un grand rôle mais tout l’entourage tel que le milieu scolaire a un impact très grand aussi.

Plus l’enfant est conscient de sa valeur, qu’il peut aller chercher de l’aide en cas de besoin et donc, qu’il n’a pas à endurer des paroles ou des gestes  agressifs, plus il a de chance de se sortir vite d’une situation telle que l’intimidation sur une base régulière. Il y a eu des cas extrêmes où des jeunes victimes d’intimidation se sont retrouvés à l’adolescence en train de tirer avec une arme sur les étudiants de leur école parce que le désespoir et la victimisation amènent des gestes aussi désespérés pour en finir avec tout ça. 

Mais tous ceux qui ne font pas de gestes d’éclat souffrent autant à l’intérieur et leur vie future peut rester teintée de ce vécu. Écoutons nos enfants et surtout prenons-les au sérieux, ça peut sauver leur vie....                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

RECOMMANDÉS POUR VOUS

Les bienfaits de l'exercice physique face à un cancer
SociétéPublié le 24 septembre 2026

Les bienfaits de l'exercice physique face à un cancer

La pratique d'une activité physique structurée chez les patients atteints d'un cancer est associée à une amélioration de la survie et à une réduction du risque de récidive, allant donc bien au-delà des soins de soutien et des traitements symptomatiques, rapporte une nouvelle méta-analyse taïwanaise. Ces résultats s'inscrivent dans le ...

LIRE LA SUITE
Publicité
Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025
SociétéPublié le 23 septembre 2026

Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025

Le nombre de naissances d'une année à l'autre a augmenté au Québec en 2025 pour la première fois depuis 2021, mais reste bien en deçà du seuil prépandémique. Statistique Canada a recensé 78 200 naissances en 2025, soit 974 bébés de plus qu'en 2024, où 77 226 nouveaux Québécois avaient vu le jour. Le taux de fécondité a lui aussi ...

LIRE LA SUITE
Publicité
Les escaliers sont bons pour le cœur
SociétéPublié le 23 septembre 2026

Les escaliers sont bons pour le cœur

Les personnes qui montent régulièrement des escaliers pourraient présenter un risque nettement moindre de développer des problèmes cardiovasculaires et d'en mourir, conclut une nouvelle méta-analyse britannique. Les chercheurs ont analysé les données issues de neuf études antérieures portant sur la montée d’escaliers, auxquelles avaient ...

LIRE LA SUITE
Publicité