L'avis d'un professeur
(Photo : Archives)
L'enseignant est l'un des témoins les plus importants ou sinon le plus important, en ce qui a trait à la qualité du français des adolescents. L'un de ceux-ci, qui a préféré ne pas être nommé, a bien voulu nous éclairer sur sa perception du « langage chatté ».
Croyez-vous que le « langage chatté » est un danger pour la qualité du français ?
Ça dépend. Un élève dont les acquis sont solides en français verra le « langage chatté » comme un autre langage. Il est plus rapide, plus relax et demande moins d’efforts au niveau du décodage. Puisqu’il y a un monde entre les deux langages, il est évident qu’ils sont peut-être moins enclins à faire plus d’efforts au niveau de la correction du texte. Je ne vois pas de quelle façon ce type de communication pourrait enrichir les aspects syntaxique et lexical du français écrit.
Est-ce que le langage des médias sociaux a des répercussions dans les travaux et dictées de tes élèves ? Voyez-vous des « LOL » ou des abréviations dans les textes des jeunes ?
Non, jamais. Ils savent d’instinct faire la part des choses et connaissent mes exigences. Aucun élève n’oserait utiliser ce type de communication lors d’une production écrite. La langue chattée, c’est juste entre amis, dans un contexte spécifique.
Y a-t-il des aspects positifs au fait que les jeunes passent beaucoup de temps sur les médias sociaux ?
Plus les jeunes passent du temps dans l’univers de ces médias, moins ils en passent pour autre chose : lecture, sports, famille, etc. Le danger de la cyber intimidation a été reconnu par tous. Heureusement, une sensibilisation à ces dangers est de plus en plus présente et les jeunes font, je crois, plus attention. Personnellement, je suis très peu encline à partager mon intimité sur Facebook, mais qu’en est-il des jeunes qui sont laissés à eux-mêmes ou qui sont solitaires ? Cela m’effraie beaucoup.
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