Une famille bientôt déchirée
© (Photo : Luc Giard)
Le 31 décembre, une bombe tombe sur Omar Andrés Suarez et sa mère, Edith Suarez Gutierrez. D'ici le 8 février, les deux Chamblyens d'adoption devront plier bagage et retourner à Bogota, en Colombie, un pays qu'ils ont fui il y a plus de 4 ans.
« On dirait que c'étaient des funérailles. Pas une fête du nouvel an », confie avec émotions Leydi Burgos Suarez, à propos de l'annonce de la déportation de son frère Omar, 14 ans, et de sa mère, Edith, 50 ans.
La sœur aînée, citoyenne canadienne et au Canada depuis 11 ans, accueille les deux membres de sa famille depuis trois ans dans la maison qu'elle habite avec son conjoint, un Carignanois, et leurs deux fillettes, à Chambly. Le Journal a eu l'occasion de rencontrer la famille dans leur demeure.
Durant la journée, Alexandra, quatre ans, et Najeli, un an, restent à la maison avec leur grand-mère. « Je me lève à 6 h et mon conjoint à 5 h 30. Il n'y a aucune garderie ouverte à cette heure-là. Ma mère garde mes enfants pour qu'on puisse travailler. Si elle s'en va, on va perdre la maison. Et les petites sont vraiment très attachées à ma mère », continue Leydi en ajoutant qu'elle veut parrainer le duo. Chose qui a déjà été refusée par le gouvernement canadien.
« Ma mère a peur de retourner en Colombie. Ça lui fait mal de quitter ses petits-enfants », ajoute Leydi sous le regard inquiet d'Edith Suarez Gutierrez, qui se tient à ses côtés et ne parle pas couramment le français.
Un bon élève
Autant que la mère, le fils qui ne souhaite pas quitter sa terre d'accueil qu'il considère maintenant comme sa maison. En moins de deux ans, Omar Andrés Suarez a appris le français. Il est maintenant très bien intégré à l'école secondaire de Chambly, où il se distingue dans plusieurs matières. L'élève de troisième secondaire craint de retourner en Colombie, où l'éducation est très différente.
« Je suis bien ici. J'ai mes amis. Ma vie. Ma routine. Ici, je me préoccupe seulement de faire mes devoirs et mes examens. L'école, c'est vraiment bien fait. Là-bas, c'est très dangereux. On ne peut pas sortir tranquille. Ici, je vis en paix. Là-bas, on doit toujours regarder en arrière », chuchote celui qui a arrêté les cours depuis le 21 janvier.
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