Sa deuxième vie
Après 10 ans dans le domaine de la vente, Roxanne Arnaud laisse son mari et sa fille et déménage à Chicoutimi pour aller étudier durant quelques mois le métier de préventionniste en sécurité-incendie. C'est le début de sa deuxième vie, celle dédiée à protéger celles des autres. Rencontre avec une femme de cœur.
La préventionniste fait ce travail avant tout pour changer la vie des gens et les protéger. Son travail va de l'inspection des risques élevés dans les industries et les commerces, au plan d'intervention ou à la formation pour des évacuations. C'est aussi Mme Arnaud qui s'occupe de l'éducation au public, que ce soit dans les écoles ou dans les maisons.
Même si elle ne fait pas partie « des opérations » comme on dit dans le jargon, celle-ci n'a jamais senti qu'elle n'était pas une membre entière de l'équipe.
« Il ne faut pas avoir peur de faire sa place. Dans le fond, ils ont l'air toff, mais ce sont des tendres », rigole celle qui occupe ce poste à temps plein.
« On a testé mes limites. Avec le temps, j'ai su me faire respecter. Je les aime beaucoup et j'ai beaucoup de respect pour eux. Et je crois que c'est réciproque. Ils n'ont jamais été machos », ajoute la passionnée en précisant qu'elle a beaucoup de chance de travailler avec Claude Fortin, directeur adjoint prévention-formation. Selon elle, « son chef » la coach de façon exceptionnelle.
De son côté, le directeur du Service de sécurité incendie, Stéphane Dumberry souligne la grande participation de son employée. « Elle est très impliquée, très minutieuse. Elle prend très à cœur son travail et c'est difficile de s'en détacher le soir venu. »
Une approche différente
Mme Arnaud est celle qui a le mandat de chercher et de trouver les causes d'un incendie. D'après l'enquêtrice, son arrivée sur les lieux d'un drame a un impact plus important que celui que pourrait avoir un homme.
« J'arrive un peu après le début de l'incendie. Je parle avec la famille avec douceur et tact. C'est une façon de faire différente. Un peu comme l'instinct maternel », raconte-t-elle.
C'est impact est encore plus important dans les cas de syndrome de Diogène, où les personnes (souvent âgées) font de l'amassement compulsif qui mène à des conditions de vie insalubres et dangereuses.
« Il faut être à la fois gentil et ferme. Ce sont des gens malades », explique celle qui souhaite se spécialiser en sécurité civile pour soutenir la Ville en cas de mesures d'urgence.
D'ailleurs, sa première journée d'entrée en poste a été marquée par une intervention avec quelqu'un affecté par ce syndrome. « Ouf. Ça a frappé fort. On m'a dit, si tu passes cette journée, tu vas faire longtemps ! », se souvient celle qui a visiblement réussi le défi.
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