La magie MIRA
Se sentant seul, Gabriel rêvait avoir un ami pour jouer aux jeux vidéo. Depuis deux ans et demi, il peut compter sur Mimas. Même si elle est incapable d'accompagner Sonic dans ses aventures ou de vaincre Mario dans une course automobile, le labernois de la Fondation MIRA marque beaucoup de points dans le cœur du jeune autiste de Chambly ainsi que dans ceux de sa famille.
« Quand Mimas est entrée dans la maison, c'était magique. On dirait qu'elle savait qu'elle s'en allait avec un enfant. C'était vraiment spécial, je ne peux pas le décrire. J'appelle ça la magie MIRA », lance d'emblée Joëlle Leclerc, la maman de Gabriel, qui vit avec un trouble envahissement du développement (TED), l'autisme.
« Moi, j'étais heureux. Je l'ai flatté », se rappelle le principal intéressé, qui aura 13 ans cet été.
Si Mme Leclerc et son conjoint ont fait appel à la Fondation MIRA pour trouver un fidèle compagnon à leur fils qui avait 10 ans à l'époque, le couple a été très surpris par les résultats engendrés par l'arrivée de ce nouveau membre dans la famille.
« Il y a eu énormément de changements. Avant, on n’allait nulle part. Gabriel n'aimait pas sortir. Maintenant, quand on amène le chien, il trouve ça amusant », confie la maman en précisant que Mimas est quand même vêtue de son attelage, ce qui signifie qu'elle est en travail.
Celle-ci ajoute que Gabriel est aussi moins renfermé. « Il est plus ouvert. C'est beaucoup plus facile de communiquer avec lui. Comme je l'ai dit, c'est la magie MIRA », soutient la Chamblyenne.
La chienne âgée de 4 ans, qui est de nature très enjouée et sociable, sert aussi de lien entre Gabriel et les visiteurs. « C'est un intermédiaire. Elle lui apporte beaucoup, pas sur le plan physique, mais émotionnel. Elle va souvent au-devant de lui », explique-t-elle. Par exemple, si le jeune garçon joue dehors seul, la chienne d'assistance va le suivre, lui apporter un bâton et attendre qu'il lui lance. D'ailleurs, c'est le Carigagnois Noël Champagne, directeur de la recherche et du développement à la Fondation Mira, qui a choisi avec soin un chien qui s'adapterait bien à Gabriel, de nature moins sociale.
« Quand il fait très chaud dehors, je joue avec elle. Mais elle rentre vite en dedans. Je me promène avec aussi. Le matin, c'est elle qui me réveille en me lichant le visage », ajoute Gabriel en soulignant qu'il adore les animaux.
Partout sauf à l'école
Même si elle accompagne Gabriel dans plusieurs de ses déplacements et dans ses parties de jeux vidéo, Mimas ne suit pas le jeune autiste en cours, soit à l'école secondaire du Grand-Coteau à Sainte-Julie, dans une classe spécialisée
« Un enfant est trop jeune pour apprendre la discipline. Il faut donner des ordres au chien, remplir ses besoins, c'est comme un autre enfant. Le maître de l'animal, c'est le parent. Ça causerait aussi beaucoup de distractions en classe », indique Mme Leclerc qui a passé une semaine à la Fondation MIRA à Sainte-Madeleine pour se familiariser avec Mimas.
Avec Mimas à ses côtés, Gabriel apprécie surtout une chose : rire. « Je veux être humoriste. J'aime rire. Écouter des films drôles. J'aime François Pérusse », conclut celui qui écrit son premier livre de blagues.
Une récente étude de la Fondation MIRA démontre qu'avoir un chien d'assistance fait grandement baisser le niveau de stress autant pour les enfants qui vivent avec un trouble envahissant du développement (TED) que leurs parents.
Pendant 16 semaines, la salive des enfants et des parents a été recueillie trois fois par jour (réveil, 30 minutes après le réveil et au coucher), dans 120 familles, dont la moitié avait un chien et l'autre pas.
« Le chien a un effet apaisant. Toute l'attention sociale portée par le parent envers l'enfant, et vice-versa serait dorénavant moins intensive depuis la venue du chien d'assistance. Tout compte fait, l'effet relevé dans l'étude suggère que chaque membre de la famille dispose de plus de moments de répit sur le plan relationnel depuis la venue du chien », expliquait Marcel Trudel, professeur associé au département de psychoéducation de l'Université de Sherbrooke, qui a participé à l'étude.
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