« Je vais amener un peu de Chambly avec moi »
Après trois ans de préparation, de formations et d'entraînement, Samuel Ostiguy s'apprête à entamer l'aventure de toute une vie. Dans neuf jours, le Chamblyen débutera officiellement un périple qui les mènera, lui et ses cinq compagnons, en plein cœur de l'Antarctique, là où aucun homme jusqu'ici n'a encore mis les pieds.
« XPAntarctik, c'est un projet né il y a trois ans », raconte d'emblée le passionné de plein-air. « On est tous des aventuriers dans l'âme et nous avions envie de faire de l'inédit. Quelque chose qui sortait de l'ordinaire et qui était même extraordinaire. C'est pourquoi on va se rendre dans une région de l'Antarctique où personne n'est allé, pour différentes raisons. »
Le froid extrême, les forts vents, le territoire parsemé d'embûches… Les difficultés que devront relever les membres de l'expédition sont nombreuses, mais apparemment pas assez pour décourager Samuel. « C'est sûr que ça représente plusieurs défis. C'est une région qui n'est pas facile d'accès. On va évoluer sur des glaciers et sur un terrain rempli de crevasses. Il va falloir être cordés en tout temps », énumère-t-il. « Mais la motivation est là, c'est un aspect très fort de notre expédition. »
En plus d'affronter des températures glaciales – en août 2010, un satellite de la NASA enregistrait en Antarctique une température de – 93,2 degrés Celsius, un record planétaire –, les aventuriers devront relever des défis interpersonnels. « Quand on va avoir froid, qu'il va venter, qu'on va avoir faim et être fatigués physiquement, un paquet de défis relationnels vont se présenter. Parce que oui, c'est un défi d'y aller et de revenir. Mais c'est aussi un défi de dire qu'on l'a fait avec élégance », souligne le Chamblyen et coach en leadership et mobilisation d'équipe au sein du Groupe Esprit de Corps.
Pour atteindre un haut niveau de cohésion d'équipe leur permettant de surmonter ces épreuves, les six participants à XPAntarctik ont dû suivre ce que Samuel appelle « un entraînement humain ». « On a fait toutes sortes de petits jeux de routine, où on dédramatisait les situations par l'humour. On a parlé d'à peu près tout pour rendre un maximum de sujets moins tabous. Et une symbiose s'est faite. »
Pas de tout repos
Si on se fie aux estimations du Chamblyen, le périple XPAntarctik durera une cinquantaine de jours. « On part de Montréal le 23 janvier, puis on arrive en Argentine. Là-bas, on va avoir une espèce de semaine tampon avant le départ officiel. Ça va être le temps de revérifier le matériel, de faire la préparation finale. »
Puis, le 3 février, le groupe quittera la Terre de Feu en voilier en direction des pics glacés. Le Chamblyen devra donc parcourir 1 700 km en mer, traverser le passage de Drake, l'une des zones maritimes les plus mouvementées de la planète, avant de mettre le pied sur la côte ouest de l'Antarctique.
On a tous des appréhensions. Mais la peur est un signe de santé mentale. Samuel Ostiguy
Bien que leur retour au pays soit prévu pour le 20 mars, les membres de l'expédition pourront, tout au long de leur périple, garder contact avec le Québec grâce aux médias sociaux. « C'est sur Facebook que ça va se passer. On va vous communiquer nos aventures au quotidien. D'ailleurs, on le fait un peu déjà avec des images, des photos, des anecdotes… Et on va prendre beaucoup de visuel, ce qui va nous permettre de faire des capsules en temps réel sur le terrain », prévoit Samuel.
Si le Chamblyen compte filmer une bonne partie de ses aventures, c'est que le projet XPAntarctik vise à atteindre différents objectifs, dont celui de documenter cette région encore inexplorée. « Avec le visuel, on espère faire un film à notre retour. On va aussi rapporter des données scientifiques pour le compte de chercheurs de l'UQÀM qui se sont affiliés à notre projet. » Samuel et ses compagnons ont d'ailleurs déjà passé une série de tests d'endurance et de résistance afin de contribuer à un projet de recherche sur les modifications physiques engendrées par le froid.
Pour une bonne cause
« On a aussi un autre volet à notre expédition, le volet inspirer. On veut encourager d'autres personnes à réaliser leurs rêves. » Pour ce faire, les six courageux s'associent à la Fondation Rêves d'enfants et amasseront des fonds pour permettre à un enfant malade de réaliser son rêve. « Notre défi, c'est un défi d'envergure, mais on l'a choisi. Un enfant malade ne choisit pas son défi.»
C'est donc motivés par cet objectif que les participants à l'expédition parcourront l'Antarctique, en autonomie complète, portant une charge de 70 kilos sur leur dos. « Des cartes nous ont été offertes par l'Université de Sherbrooke, mais elles n'ont pas été faites à partir de données recueillies sur le terrain. On ne sait pas trop où on met les pieds, mais on est préparés. »
À neuf jours du grand départ, Samuel a-t-il peur ? « La peur est un signe de santé mentale. On a des appréhensions, mais on est préparés. J'ai travaillé pendant huit ans dans l'armée. Plusieurs d'entre nous sommes guides de formation. Un autre est ambulancier en région éloignée et instructeur de premiers soins. On est prêts. »
Pour suivre l'expédition ou participer à son financement, consulter la page Facebook XPAntarctik ou encore le site www.xpantarctik.com.
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