La technologie pour apprendre à communiquer
Pour Zack Foley-Côté, communiquer c'est compliqué. L'autiste de 11 ans le fait seulement de façon utilitaire, soit pour exprimer un besoin ou en répétant ce qu'il entend. Mais, avec une tablette ou un clavier entre les mains, le jeune Chamblyen fait de petits miracles au quotidien.
«Depuis qu'il est petit, il aime les pitons. Il savait comment faire fonctionner un disque compact à deux ans. S'il n'avait pas eu accès à la technologie, il ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui. La technologie a allumé une lumière. Elle a créé un désir», raconte Patsy Foley, maman de Zack, qui possède depuis quelques semaines sa propre tablette électronique.
Trois jours après le deuxième anniversaire de Zack, après une panoplie d'évaluations, le diagnostic tombe : il est atteint d'autisme sévère et d'un trouble du langage. La nouvelle, qui bouleverse les parents ne les surprend pas puisque cela fait un moment que le couple voit des signes de ce trouble envahissant du développement chez leur garçon.
«On savait où on s'en allait. On en avait déjà parlé, confie la mère de famille, qui a une formation en éducation spécialisée. Une fois, à neuf mois, il mangeait des céréales Cheerios sur sa tablette de chaise haute. Il a décidé de les manger par ordre de couleur. Les foncées en premier, puis celles du milieu et les pâles. Aucun bébé de neuf mois ne prend le temps de faire ça, de la catégorisation. Je me suis dit, soit c'est un génie ou un autiste.»
Le garçon est alors suivi de près par sa pédiatre et en Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement (CRDI-TED). Parallèlement, à la maison, les parents découvrent que le petit Zack a un vif intérêt pour la technologie.
Un apprentissage sans interférence
Et la technologie lui rend bien. Tellement que le petit futé apprend à écrire via l'ordinateur. «Pour ses cinq ans, on lui a offert un petit appareil photo. Il s'est mis à prendre en clichés tout ce qu'il aimait. On lui a ensuite imprimé et plastifié ses trouvailles. Ça a déboulé, il s'est alors mis à chercher sur Internet ce qu'il aimait avec des mots composés de deux ou trois lettres», explique Mme Foley.
«S'il n'avait pas eu accès à la technologie, il ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui. La technologie a allumé une lumière. Elle a créé un désir» Patsy Foley, maman de Zack
Avec son orthophoniste, c'est le même constat. Zack évolue plus rapidement avec la technologie. «Pour l'apprentissage d'humain à humain, il doit tout scanner avant d'arriver à l'apprentissage en tant que tel. Les bruits, le regard, la bouche; c'est énorme. L'interaction, c'est exigeant et fatigant. Avec une tablette, il focalise directement sur la tâche à faire. De notre côté, ainsi qu'à l'école, on finit par entrer dans son univers», continue la maman en ajoutant qu'il ne faut pas arrêter de travailler sur les interactions sociales, la base du langage.
Une tablette à la maison
En janvier, la famille Foley-Côté décidait de se rassembler pour acheter sa propre tablette au jeune homme qui travaille déjà avec cet outil en orthophonie et à l'école, par le biais de la Fondation Justine & Florence (voir autre texte).
Encore en train d'explorer les nombreuses possibilités offertes par le iPad, Mme Foley a déjà une idée en tête pour faciliter leur quotidien: transférer en numérique les cahiers PEX, deux cartables d'une cinquantaine de pages chacun qui permettent de communiquer à l'aide de pictogrammes.
«On a voulu regrouper dans un cartable le dictionnaire de sa vie. S'il veut aller voir grand-maman, il nous montre sa photo. Mais, si je n'ai pas le cahier avec moi, il ne peut pas me le dire. Il reste pris avec ça. Le iPad, c'est facile à trimballer», note la maman qui croit aussi que de travailler directement sur la tablette serait beaucoup plus pratique.
Toutefois, l'utilisation de la tablette est très réglementée. «Si tu lui enlèves, il devient dépressif. C'est sa joie de vivre, sa prochaine période d'ordinateur, de iPod ou de iPad, conclut la maman. Mais, ce n'est pas quand il veut. Ça prend une bonne gestion, il faut cibler des périodes spécifiques. Sinon il ne ferait que ça.»
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Les bienfaits de l'exercice physique face à un cancer
La pratique d'une activité physique structurée chez les patients atteints d'un cancer est associée à une amélioration de la survie et à une réduction du risque de récidive, allant donc bien au-delà des soins de soutien et des traitements symptomatiques, rapporte une nouvelle méta-analyse taïwanaise. Ces résultats s'inscrivent dans le ...
LIRE LA SUITE
Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025
Le nombre de naissances d'une année à l'autre a augmenté au Québec en 2025 pour la première fois depuis 2021, mais reste bien en deçà du seuil prépandémique. Statistique Canada a recensé 78 200 naissances en 2025, soit 974 bébés de plus qu'en 2024, où 77 226 nouveaux Québécois avaient vu le jour. Le taux de fécondité a lui aussi ...
LIRE LA SUITE
Les escaliers sont bons pour le cœur
Les personnes qui montent régulièrement des escaliers pourraient présenter un risque nettement moindre de développer des problèmes cardiovasculaires et d'en mourir, conclut une nouvelle méta-analyse britannique. Les chercheurs ont analysé les données issues de neuf études antérieures portant sur la montée d’escaliers, auxquelles avaient ...
LIRE LA SUITE